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L’autonomie alimentaire : un concept qui fait son chemin, en ville comme en banlieue

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© www.celinelecomte.com

Les méfaits de l’agriculture industrielle sont bien connus : la production massive d’engrais engendre des émissions de gaz à effet de serre astronomiques, l’emploi de pesticides à outrance appauvrit les sols et pollue les cours d’eau, sans parler de l’eutrophisation des lacs causée par la lixiviation des engrais en surplus ou même des émissions de gaz à effet de serre  dus au transport des aliments sur de très longues distances.

 

L’agriculture industrielle fait aussi l’objet d’une grande contradiction énergétique : il lui faut en moyenne dépenser trois calories pour en fabriquer une seule de nourriture…

 

C’est, nous dit-on, le prix à payer pour pouvoir nourrir à moindre coût les quelques milliards de convives assis à la table de la planète. Pourtant, revenir à une agriculture plus locale, moins intensive et, pourquoi pas, gérée directement par le consommateur, est possible et limiterait considérablement notre impact sur la planète… et notre portefeuille !

 

Des concombres dans votre jardin paysager !

Avoir son propre jardin en banlieue est courant, y cultiver des légumes pour ses besoins personnels l’est moins. L’utilisation du jardin comme potager n’est pas ancré dans nos habitudes, notre premier réflexe est de nous fournir au supermarché le plus proche.

 

Le pari que s’est lancé l’équipe de Sevag Pogharian Design est donc de démontrer que l’autonomie alimentaire est accessible dans une maison de banlieue. Ainsi, la Maison nette zero Alstonvale en cours de construction à Hudson combinera la production d’aliments à un projet de construction innovateur car un des objectifs du projet est de nourrir, en partie, une famille de quatre personnes grâce à une serre et un potager attenants à la maison.

Une étude a ainsi été réalisée pour déterminer quels seraient le meilleur design et la meilleure combinaison de légumes et de plantes à installer dans la serre et le jardin de ce projet pour optimiser l’espace dédié à la production de nourriture tout en adoptant des pratiques agriculturales durables et en dépensant le moins d’énergie possible. Les résultats sont prometteurs car ils montrent que la production annuelle de légumes pour le projet Alstonvale pourrait atteindre 60 kg de pommes de terre, 30kg de zucchinis, 900 pommes et 15kg de framboises…

Reste à démontrer si cette expérience pourrait être facilement applicable à d’autres projets mais à n’en pas douter, nos potagers ont de l’avenir !

(Image :www.spd.ca)

 

En ville, quelles alternatives ?

Plus de la moitié de la population mondiale est urbaine et qui dit vivre en ville dit aussi peu de possibilités d’avoir son propre jardin. Le projet Tour vivante né des ateliers d’architecture Sao à Paris vise à concilier dans un même édifice production de nourriture, logements et bureaux. Ce projet qui semble être tiré d’un roman de science fiction permettrait avec 7000m2 de serres réparties sur 30 étages de produire annuellement 9 tonnes de fraises 63 tonnes de tomates et 37 333 pieds de salade…

 (Image : www.verticalfarm.com)

 

Sans en arriver là, des initiatives pour cultiver sa propre nourriture en ville existent. A New York, le projet Science Barge est pour le moins étonnant : des serres ont été installées sur une embarcation alimentée en énergie par le soleil, le vent et les biocarburants. Les serres sont irriguées avec de l’eau de pluie et de l’eau de rivière purifiée et elles permettent de produire des aliments en ville sans générer un seul gramme de gaz à effet de serre. Selon New York Sun Work, l’organisme initiateur du projet, les légumes qui poussent dans la Science Barge nécessitent sept fois moins d’espace et quatre fois moins d’eau que s’ils avaient poussé en plein champ. Ce projet se veut éducatif et la prochaine étape visée par New York Sun Work est d’installer de tels systèmes de cultures sur les toits de New York. Selon l’organisme, les toits de New York pourraient fournir assez d’espace pour produire suffisamment de légumes pour couvrir les besoins de tous les new-yorkais…

 (Image : www.sciencebarge.org)

 

Un peu plus proches de nous, les jardins communautaires et les jardins collectifs, nombreux sur l’île de Montréal ou à Québec,  sont une bonne alternative au supermarché. Les premiers sont utilisés par les particuliers pour leur consommation propre tandis que les seconds sont cultivés et animés par des regroupements de personnes qui se partagent ensuite le fruit de leur récolte.

 

L’organisme Alternatives a ainsi contribué au développement de plusieurs jardins collectifs à Montréal en fournissant des ressources techniques, en mobilisant et en coordonnant les groupes de personnes unis autour des projets. Interrogé à ce sujet, Ismael Hautcoeur coordonateur du projet nous explique que le but est de promouvoir l’agriculture urbaine et de faire croître le nombre de jardins par habitant à Montréal et dans le monde. 

 

C’est ainsi qu’ont vu le jour, par exemple, les jardins collectifs du Santropol Roulant, situés à l’université Mc Gill et dont les récoltes sont pour une partie utilisées pour préparer les plats que le Santropol distribue aux personnes âgées ou en perte d’autonomie. La production est tellement importante que le Santropol offre aussi depuis cette année un service de vente de paniers aux personnes qui en font la demande.

 

(Crédits Photo : www.celinelecomte.com)

 

Autre initiative d’Alternatives : les trousses prêt-à-pousser. Ce sont des bacs à réservoir d’eau inspirés de la culture hydroponique et spécialement conçus pour cultiver des légumes sur son balcon. Ces bacs optimisent les apports en oxygène et en eau de façon à faciliter la croissance des légumes et herbes qui y sont plantés. Alternatives distribue aussi gratuitement un guide pour aider les jardiniers débutants dans leur premiers pas. Et à ceux qui pensent qu’il est déjà trop tard pour commencer à planter quoi que ce soit, détrompez vous : vous pouvez commencer à préparer vos plantations dès l’automne pour être prêt lors du pic du printemps. Alors ? Vous vous y mettez quand ?

(Crédits Photo : www.celinelecomte.com)

 

 

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