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Habitation: solutions créatives pour les aînés

Le modèle actuel des vastes résidences qui ressemblent souvent à des hôtels ne convient pas à tous. Un organisme innove et propose une plateforme et des outils pour que les personnes âgées autonomes puissent vivre dans des habitations inclusives et vivantes.

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© StockSnap, Pixabay

Nous vivons mieux et plus longtemps. Quand on vieillit, vouloir maintenir une certaine qualité de vie et son indépendance va de soi. Mais cela signifie trop souvent quitter sa maison, s'adapter à un milieu moins convivial, un mode de vie éloigné de ses habitudes...


Selon le dernier rapport de Statistiques Canada, un citoyen sur quatre aura 65 ans ou plus d’ici 2030. Pas surprenant que le sujet du logement pour aînés gagne en importance aussi rapidement.


Le modèle des Résidences Solidaires devrait voir le jour dans les décennies à venir. L’initiative propose des lieux multigénérationnels où il est possible de créer son style de vie propre, des activités à son image. Dans des lieux où l'on se sente chez soi plus qu'à l'hôtel, et où les professionnels ne sont pas présents 24/7. Des lieux où sociabiliser tout en ayant chacun a son espace est possible. Les locataires ne sont pas solitaires, ils font partie intégrante d'une communauté solidaire.

Un concept solidaire

Inspirés de modèles qui ont fait leur preuve au Danemark, en France et au Japon, ces arrangements collectifs se basent sur le soutien mutuel, plutôt que sur l’emploi de personnel.

L’idée est très attractive: elle permet de choisir son quartier et sa communauté tout en partageant en petits groupes les idéaux et les mentalités autant que les repas, les tâches ménagères et les achats. À l'image d'une collocation, ce sont des lieux où l’on prend soin les uns des autres, et dans lesquels de l’aide externe peut être appelée au besoin. Nul besoin de gestionnaire, ni de développeurs. 

Un foyer sur mesure

Les possibilités sont infinies! Il suffit de respecter ces quatre lignes directrices:
  1. Le bâtiment est géré par les individus qui y vivent
  2. Les résidents s’entraident et veillent les uns sur les autres
  3. Lorsque des ressources externes sont nécessaires, elles viennent à eux et non l’inverse
  4. Les individus peuvent trépasser dans leur propre lit, et non dans des institutions (lorsque c’est possible).
Le bâtiment existant peut être remodelé, adapté, et prendre autant de formes que le permettent les besoins et l’imagination:
  • Un immeuble acheté en commun puis divisé avec des espaces individuels et partagés
  • Une grande maison avec plusieurs chambres privées
  • Plusieurs petites maisons liées à une maison avec des pièces communes
  • Etc.

« Dans notre vision, le bâtiment existant est priorisé. Il est moins cher de rénover et d'adapter un bâtiment existant, et c'est également plus écologique! » expose Louise Quinn, l'une des initiatrices du mouvement Radical Resthomes ici, au Québec.

Pourquoi le modèle est pertinent

Parce qu'il présente peu d'inconvénients:
  • On décide avec qui on habite, on crée sa communauté
  • On fait ses propres règles
  • Les commodités sont uniques, distinctes et adaptées aux besoins
  • Le concept est économique
  • On évite les démarches liées à une grosse corporation
  • On vit en communauté alliant partage des tâches et compagnie
  • On bénéficie d’opportunités pour rester actif
  • On vieillit chez soi, comme on l’entend
  • On a l’opportunité d’obtenir des soins à domicile

« En fait, le modèle d'habitations multigénérationnelles a des répercussions à tous les niveaux. La communauté a tout à gagner de rassembler les générations. Les aînés peuvent s'occuper des plus jeunes et leur transmettre de nombreux savoirs, en échange, ceux-ci ne sont plus isolés. Les enfants peuvent entrer à la maison et être entourés en attendant le retour du parent qui doit travailler. Notre premier projet multigénérationnel mixera aussi des étudiants et des minorités ethniques. Tout le monde y gagne! » nous dit encore Louise. 

La notion même de « vieillir » devient du coup beaucoup plus positive: elle permet de surmonter les préjugés concernant les logements pour personnes âgées et de contrer l'isolation.


Écohabitation suggère d’ajouter ces critères à un projet solidaire

  • Intégrer durabilité et performance aux constructions et aux rénovations – des avantages en termes d'économies d'énergie et sur la santé de la communauté.
  • Jouer la carte de la «valeur durable» dans le style de vie de la communauté – cela profitera à la communauté et à celle à venir…

Un mouvement à ses débuts

Déjà populaire aux États-Unis, le mouvement en est à ses balbutiements au Canada. À Montréal, le groupe Radical Resthomes a été créé pour aider la génération croissante des personnes âgées à vieillir dans l’indépendance et la dignité. Il vise à initier le mouvement auprès des seniors de la métropole, puis l’étendre à travers la province et le pays, puis pour les générations futures.

Louise Quinn nous a livré l'histoire de ce projet: « L'idée est née avec Janet Torge. Productrice, comptable, archiviste, professeur, chroniqueuse, auteur, gestionnaire de chantier, elle a porté de nombreux chapeaux. Personnalité très intéressante, Janet a été invitée au fil des ans à participer à des émissions de radio et à animer des "workshops" sur la question du vieillissement et de l'habitation. L'idée est venue de ces nombreux tours de tables, emails et appels reçus sur les besoins de la population. »

Afin de lancer le mouvement et concrétiser cette idée prometteuse, une communauté en ligne a été créée. La plateforme web compte des annonces d'événements à venir, un site de discussion sur le concept et les projets, une section de recherche de collocataire et de regroupement pour développer des projets... Tout a été pensé autour de l'idée de communauté. Les intéressés peuvent y partager leurs idées, cotôyer la communauté, discuter et connaître les modes de vie alternatifs qui s’offrent à eux.

« Le projet est de plus en plus solide. Nous avons des listes de personnes intéressées aux projets à venir, et de nombreuses analyses financières ont été effectuées. Nous avons même à l'interne une chercheuse qui coordonne le projet avec l'Université Concordia et l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML). À l'heure actuelle, on compte plus de 300 membres! » souligne madame Quinn.

Pour en savoir plus, on peut consulter le portail web de l'initiative, ou encore contacter directement Louise (par email ou téléphone au 514-966-0865). Elle se fera un plaisir de répondre aux questions des intéressés.

Vous habitez dans un cadre de logement pour personnes âgées innovant et inspirant? Vous envisagez de former ou habiter une Résidences Solidaires? Vous avez des anecdotes à nous partager? Nous voulons vous entendre! Partagez vos expériences avec nous dans les commentaires ci-dessous.

@ Radical Resthomes

 

 

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