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Habitations : ce que nous prépare la relève universitaire

Habitations : ce que nous prépare la relève universitaire

Soutenus par plus de trois années d’études intensives, les projets présentés au pavillon Lassonde de l’École Polytechnique proposaient une conception novatrice d’un écovillage. L’idée; permettre à des étudiants provenant de divers champs disciplinaires — architecture, génies civil, chimique, mécanique, physique et électrique — d’explorer la notion de développement durable dans le bâtiment. Il fut donc offert aux étudiants la possibilité de mettre à profit leur expertise et d’ainsi intégrer les notions techniques apprises tout au long de leur formation.

Les projets de développement communautaire devaient se concentrer sur la conception d’habitations résidentielles dans un hameau, et ce, tout en respectant divers critères. En prenant pour appui une terre vierge située dans les Laurentides et appartenant à TerraVie, les étudiants purent donc introduire une visée concrète à leur projet. Bref survol de ce que nous prépare la relève.
 

À l’honneur, orientation passive et géothermie

Puisqu’un bon apport en énergie solaire passive constitue la base de tout habitat bien pensé, les propriétés de tous les projets ont été orientées, sur les plans, au sud. De grandes fenêtres sont prévues afin d’assurer un apport optimal des rayons lumineux pendant la saison froide et des débords de toit aux dimensions adéquatement calculées permettraient de bloquer le surplus de rayonnement en été, ce qui éviterait une surchauffe de la maison. 
 
Après avoir bien positionné la maison sur le site, les étudiants se sont penchés sur la mise en place d’un système de production énergétique local. La majorité a opté pour la géothermie, couplée à des planchers radiants, afin d’assurer plus de 70 % des besoins en chauffage. Cela est particulièrement intéressant du fait que plusieurs équipes ont prévu le système pour alimenter trois maisons, ce qui aurait pour effet de réduire les frais et de rendre le tout rentable en peu de temps.
 
Afin d’optimiser le choix de l’autoproduction énergétique, l’isolation devait faire partie de la réflexion. Basé sur une analyse cycle, le choix de plusieurs étudiants s’est arrêté sur un matériel à base de cellulose. Ceci représente une excellente option, tant sur le plan environnemental que pour ses propriétés isolantes.
 
Alors que le bois était une exigence structurelle à l’élaboration du projet, les étudiants l’ont apprécié pour son esthétisme, en harmonie avec le site naturel bordé d’arbres, tout comme pour sa qualité écologique.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Des aires et des systèmes communs en partage

Ce préalable au projet a permis aux étudiants de se questionner sur les enjeux sociaux associés à un bâtiment. Il fut donc intéressant de constater que, pour plusieurs, cela signifiait un partage d’équipements — laveuse, sécheuse, télévision, etc. — et d’espace. Les systèmes en partage se retrouvent alors dans une pièce commune partagée par trois logements connexes. Cette conception permettrait de réduire les frais associés à l’achat et à l’entretien des équipements tout en facilitant les échanges sociaux entre les divers résidants.
 
De même, l’idée d’un partage commun de l’électricité entre les maisons connexes, fourni par Hydro-Québec, a été avancée par certaines équipes. Une technologie domotique pourrait ainsi être apposée, à moindre coût, dans l’ensemble des habitations.
 

L’eau, une ressource à conserver

Un autre point à respecter dans l’élaboration des projets concernait les infrastructures connexes. Selon Anouk Desjardins, professeure à l’école Polytechnique : « Comme le terrain à l’étude n’est pas relié au réseau municipal, les étudiants devaient donc proposer des solutions pour l’approvisionnement et le traitement de l’eau, si requis ». Deux sources étaient à la disposition des étudiants, l’eau du lac Brochet et l’eau provenant des nappes phréatiques. La source sous-terraine étant de bonne qualité, les universitaires ont opté pour que l’eau y soit puisée. Les ingénieurs chimiques ont alors imaginé un système de traitement local des eaux qui, une fois purifiées et décontaminées sur place, pourrait être utilisées sans problèmes à des fins de consommations.
 
Des systèmes pour les eaux grises et les eaux noires ont également été prévus afin que les rejets soient filtrés et assainis avant leur retour à la terre. Toujours en gardant à l’esprit la réduction de l’empreinte écologique des bâtiments, des fosses septiques ont été envisagées afin d’y recueillir les eaux noires.
 
Une réflexion poussée et intégrée des notions de développement durable et de la conception saine transparaît dans l’ensemble des projets. Force est donc de constater que les étudiants émergeant des universités sont porteurs d’espoir pour le domaine du bâti.
 
 
Les projets coup de cœur
Parmi les six équipes qui ont présenté leur projet, deux ont obtenu la mention du jury.
 
Équipe 5
De gauche à droite :
Nicolas Leblanc (génie civil), Nicolas Bezeau Gervais (génie mécanique), Valérie Provost (génie mécanique), Mélissa Médawar (génie chimique), Marie-Pier Lacasse Labonté (architecture), Ella Gwadlys (génie électrique), Chani Gibeau (architecture).
 
 
 
 
 
 
Équipe 2
 
De gauche à droite :
Arno Hernandez (génie chimique), bébé Ludovic, Gabrielle Hobson (génie chimique), Tiery Laborde (génie civil), Catherine Boivin (architecture), Vanessa Levesque (architecture), Pierre-Olivier St-Jean (génie  mécanique), Sabrina Tayaa  - en avant - (génie mécanique).
 
 
 
 
 
Le jury était composé de :
  • Louise Millette, ing.,PhD., directrice du département des génies civil, géologique et des mines, École Polytechnique de Montréal
  • Francis Pronovost, ing. M.Sc.A., conseiller énergétique et bâtiment durable, Vivre en ville
  • Katherine Lapierre, architecte, chargée de cours à l’École d’architecture.
TerraVie
Récipiendaire du prix Phénix de l’environnement 2007, la corporation sans but lucratif est reconnue comme œuvre de bienfaisance. TerraVie regroupe des résidents, des organismes communautaires et des individus désireux d’unir leurs efforts en vue de détenir des terrains, de les soustraire à la spéculation du marché et de favoriser l’aménagement de collectivités viables, le développement de maisons écologiques et abordables tout en préservant au maximum les ressources naturelles. 25 % des terres protégées sont mises à la disposition de communautés viables (écovillages).
 
C’est donc avec cette mission en tête que les étudiants ont élaboré leur projet à vocation écologique et sociale. Au besoin, TerraVie pourra s’inspirer des différents projets étudiants afin d’alimenter des réflexions et prendre des décisions quant à l’aménagement de leurs terrains.

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