Eau et Plomberie

Produit du mois: le chauffe-eau pompe à chaleur avec compresseur extérieur

Le SANC02 est le premier chauffe-eau pompe à chaleur disponible au Canada qui utilise l’air extérieur pour le chauffage de l’eau. Une technologie vraiment très intéressante… sauf pour son coût.

Produit du mois: le chauffe-eau pompe à chaleur avec compresseur extérieur
© Sanden

La construction durable, ça bouge! Régulièrement, de nouveaux produits sortent sur le marché: plus performants, plus efficaces, plus innovants, plus écologiques ou meilleurs pour la santé. Écohabitation se tient sans cesse au courant des actualités et vous partage ses découvertes, ses valeurs sûres et ses réserves parfois!


 
Chauffe-eau thermodynamique ©Altech

Plutôt que de chauffer l’eau grâce à un élément électrique comme le fait le chauffe-eau électrique classique, le chauffe-eau pompe à chaleur, ou thermodynamique, utilise un évaporateur qui extrait la chaleur contenue dans l’air.

Fiable et rentable, le chauffe-eau thermodynamique tire sa chaleur de l’air intérieur de la maison, ce qui signifie qu’il permet de « climatiser » la maison en été (ou la tempérer si vous préférez), mais aussi de la refroidir en hiver. Lors des mois de chauffage, le système que vous utilisez pour chauffer l’air de la maison chauffe donc indirectement l’eau du réservoir. C’est pourquoi il est impératif de se munir d’un système de chauffage vraiment très efficace lorsqu'on a un chauffe-eau thermodynamique. Par exemple, si la maison est chauffée au mazout, vous chaufferez l’eau de votre chauffe-eau thermodynamique... avec du mazout. Pas très économique, ni très écologique!

Si vous chauffez la maison avec une pompe à chaleur air-air, il peut s’agir d’une excellente idée, à condition que l’évaporateur ne se limite pas à la petite salle mécanique qui permet peu d’accès à l’air (et à l’énergie) du reste de la maison.

Le SANC02 puise sa chaleur de l'air extérieur


 
 © Sanden

Le SANC02 du fabricant japonais Sanden est un système de chauffage de l’eau thermodynamique, mais il n'est pas comme les autres. Son compresseur s'installe à l'extérieur de l'habitation. Ce modèle utilise un réfrigérant au CO2 pour extraire la chaleur de l’air extérieur et la transférer dans l’eau d'un réservoir situé à l’intérieur de la maison. Il n’interagit donc nullement avec l’air intérieur!

Ce modèle est le premier avec un compresseur extérieur à percer le marché canadien. Évidemment, plus la température extérieure est élevée, plus efficace sera la pompe à chaleur; sa température fonctionnelle sera inférieure et travaillera plus aisément avec un air plus chaud.

 

© www.bestsolarhotwater.com.au

L'influence du climat

Dans un climat chaud comme le sud de l’Ontario ou les régions côtières de la Colombie-Britannique, les pompes à chaleur conviennent parfaitement. Mais si vous habitez un climat où la température chute régulièrement sous les degrés fonctionnels de l’unité, il y aura des moments où vous ne pourrez chauffer l’eau. Un peu gênant en hiver justement quand la demande en eau chaude est plus grande...

Mais l’appareil fonctionnera encore, toutefois sa performance sera vraiment très faible par rapport à un chauffe-eau classique avec résistance électrique. Il faudra aussi plus de temps pour régénérer l’eau chaude suivant une douche, par exemple. Elles doivent donc être couplées avec des systèmes de chauffage de secours. L’ajout d’équipement nécessaire réduit donc sa valeur, ainsi que l’efficacité globale du système lors des grands froids.

Pourquoi vous parler de ce chauffe-eau alors? Car la SANCO2 fonctionnera à des températures aussi basses que -29 °C! Le corridor Montréal-Ottawa voit rarement des températures inférieures à -26 °C, ce qui signifie ici que des systèmes complémentaires ne devraient pas être nécessaires. Cette unité peut même fournir 3.5 kW de chaleur à -25 °C, avec une efficacité de 170 %.

Son efficacité globale sur l’ensemble de l’année, basée sur la consommation d’eau chaude d’une famille de 4 personnes prenant une douche de 8 minutes tous les matins avec une pomme de douche régulière de 9,5 L/min sera d’environ 340 %. En termes réels, ceci se traduit par une eau qui est chauffée 3,4 fois plus efficacement que pour un chauffe-eau classique. Impressionnant!

 

L’importance de la taille (du chauffe-eau)

Le SANCO2 est livré avec un réservoir de stockage de 163 ou 314 L. Comme la vitesse à laquelle il peut générer de l’eau chaude ralentira à des températures très basses, il pourrait être judicieux d’opter pour le plus grand réservoir possible dans les climats froids, réduisant ainsi les risques de manquer d’eau chaude… selon la taille de la famille et l’utilisation de l’eau, évidemment.

L'avis d'Écohabitation

Ce qu’on aime du chauffe-eau SANC02

  • Température de fonctionnement très basse, sans besoin de sauvegarde électrique
  • Réfrigérant CO2, avec un potentiel de réchauffement climatique plus faible
  • Deux tailles de réservoirs d’eau pour mieux répondre aux besoins des consommateurs
  • Température d’eau élevée (65° C)

Ce qu’on n'aime pas du chauffe-eau SANCO2

La réponse est simple: le prix.

Le distributeur de Vancouver vend l’unité extérieure à 3227 $, le réservoir de 163 L à 2300 $ et celui de 314 L à 2457 $... avant le coût d’installation! Vous regardez donc pour un système de plus de 7000 $, ce qu’on trouve plutôt intense. Pour nous en assurer, nous avons fait le calcul de période de retour sur l’investissement (PRI) – en fonction des tarifs hydroélectriques du Québec. 

PRI

Une famille de quatre personnes consomme en moyenne environ 70 000 L d’eau chaude à 60 °C  par année, ce qui nécessite 4 000 kWh pour élever une eau à la température d’entrée annuelle moyenne de 10 °C. À 8 ¢ par kWh, cela coûterait environ 320 $ par année. Au coefficient de performance de 3,4, le coût annuel de la SANCO2 serait donc d’environ 95 $, pour une économie annuelle de 225 $ par rapport à un chauffe-eau traditionnel.

 

Il faudrait ainsi 31 ans pour récupérer sur l’investissement,

ce qui est plus élevé que la durée de vie totale du système.

Dans un souci de simplification, nous n'avons considéré que l'utilisation de l'eau chaude pour la douche, la réalité serait donc (un peu) plus clémente.

Les économies seront plus élevées dans les régions où les taux sont plus élevés, mais la PRI y sera encore trop élevée. La seule façon de rentabiliser le tout serait d’utiliser un grande quantité d’eau chaude pendant les heures de pointe... Plutôt contradictoire alors qu'on cherche à être plus efficace.

Verdict: nous aimons la technologie, mais pas à n’importe quel prix!

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