Colloque 2014

Les «Verts contre-attaquent » de plus belle

Jean-Sébastien Busque et Frédéric Choinière seront les animateurs de choc du colloque Écohabitation, le 26 avril prochain. Entrevue animée sur leurs convictions écolos.

Les Verts contre-attaquent animent le 1er colloque Écohabitation
Jean-Sébastien Busque et Frédéric Choinières, © Laurier Busque

Jean-Sébastien Busque et Frédéric Choinière forgent depuis longtemps leur expérience en communication environnementale dans le but d’encourager le public à passer à l’action pour une vie plus verte. On a pu les voir relever de nombreux défis écologiques dans Les Verts contre-attaquent à l’antenne de Télé-Québec. Ils seront les animateurs du premier colloque grand public, Le Rendez-vous Écohabitation 2014 : Ma maison écologique, ma maison économique, qui se tiendra le 26 avril prochain, à Montréal. 

Les Verts contre-attaquent sont les animateurs du colloque Écohabitation
Les animateurs des Verts contre-attaquent en tournage © Laurier Busque

Écohabitation : Qu’est-ce qu’une maison écologique selon vous? 

Frédéric : - Avoir un gros bac de recyclage dans chacun des garages triples, bien sûr (rires) ! Plus sérieusement, je dirais qu’une maison écolo est une maison en santé. À travers nos émissions, on a découvert qu’il y a beaucoup de liens entre notre santé personnelle – physique et mentale – et la santé environnementale. Il y a des spécialistes qui nous disent d’ouvrir les fenêtres parce que l’air est plus pollué dans une maison qu’à l’extérieur... C’est une question de matériaux, mais aussi de produits utilisés à l’intérieur qui ont un impact sur la santé des occupants. Une maison en santé contribue aussi à la santé de l’environnement.

Jean-Sébastien : - Une maison écolo doit avoir l’impact environnemental le plus faible possible… À la conception, il faut adopter une approche cycle de vie et maximiser sa durée de vie. Et il faut se préoccuper particulièrement de la lumière. On oublie souvent l’importance de la lumière dans une maison. On a justement fait une émission qui parle de l’impact de la lumière et du contact avec la nature, et à quel point l’humain en a besoin. Quand tu as de belles fenêtres, placées selon un bon design, tu allumes les lumières seulement quand il fait noir dehors, parce qu’autrement tu n’en as pas besoin. 

Écohabitation : - Quel serait votre meilleur conseil à un ami qui voudrait se construire une maison écologique, ou rénover de manière écologique?

Jean-Sébastien Busque travaille sur sa maison écologique.
Jean-Sébastien travaille sur l'étanchéité de la maison. © Laurier Busque

Jean-Sébastien : - En quatre mots : l’enveloppe, le long-terme, la localisation, et le fait de noter et photographier tout le processus.

Investir dans l’enveloppe, pour moi, c’est la base ; on se concentre sur l’isolation – toit, plancher, murs – les fenêtres, et l’étanchéité. Si tu n’as pas ça, ce n’est pas en rajoutant des panneaux solaires ou des chauffe-eau solaires ou de la géothermie que ta maison va devenir verte !

Je pense beaucoup au long terme. Quand tu mets quelque chose en place, il faut toujours penser si ça va être un entretien annuel ou aux cinq ans, etc. Lorsqu’on avance en âge, mettre des échafaudages et aller se dandiner aux cinq ans pour rénover tes fenêtres, c’est toute une aventure! La maison que je viens de construire dans les Cantons de l’Est, elle est durable, je veux que mes enfants en profitent longtemps. Les fenêtres, le champ d’épuration, la pompe, les portes, tout a été pensé pour construire quelque chose qui va durer et qui demande peu d’entretien.

Il faut songer à la localisation. Un autre gros impact de l’individu c’est son transport. Tu as beau avoir une maison écologique, si ça te demande de faire chaque jour une heure et demie de voiture aller-retour, tu es perdant, et l’environnement aussi.

Et bien documenter ce qu’on fait, dès le début des travaux, que ce soit de la rénovation ou de la construction! Prenez des photos et prenez-en une trâlée. Pourquoi? Parce qu’il y a toujours des questions qui vont arriver une fois que les murs sont fermés : « Comment ça marche? Quel tuyau passe où? Ce fil-là, c’est quoi? ». Une autre affaire aussi : devenir un « ti-Jo connaissant ». Quand tu t’embarques à faire des travaux, il faut bien connaître le lexique pour t’aider à communiquer et à expliquer clairement les choses, pour éviter de te faire avoir aussi!

Frédéric : - Je l’écoute, c’est l’évangile pour moi! Mon expérience est plus en rénovation. JS parlait du long terme, moi je poursuivrais en parlant du choix des finitions et du style que tu veux donner. Des fois, c’est mieux d’aller avec un décor classique qui va durer dans le temps et de changer d’autres petites choses au fur et à mesure que les modes évoluent, qui n’auront pas autant d’impact. Tant au niveau des choix de style d’armoires que des électros, penser à long terme s’applique aussi. La planification de l’espace est vraiment importante ; quels sont tes besoins au quotidien, et surtout, quand les espaces sont plus limités, comment les optimiser. 

La maison écologique de Jean-Sébastien Busque
Tadam! La maison écolo de la famille Busque © Jean-Sébastien Busque

Le monde qui venait visiter ma maison écolo disait pour rire: « Ta maison n’est pas normale. » Jean-Sébastien Busque

Écohabitation : - Avez-vous des anecdotes de rénovation ou de construction écologique à nous raconter?

Jean-Sébastien : La peinture! Y’a rien de plus décourageant. Au départ, ce n’est pas un passe-temps que j’aime beaucoup. On a voulu y aller avec des peintures écologiques, mais là on a essayé plein de choses, des sacs de poudre avec des pigments qu’on mélangeait soi-même… Il y a toute une technique et une expertise que le commun du mortel ne connaît pas. Ton pot, il faut que tu le brasses à chaque cinq minutes, sinon tu vas avoir un dégradé sur ton mur parce que le pigment tombe dans le fond!

Et il ne faut pas oublier la main-d’œuvre. Des fois tu te dis : « Ah, ça va être super écolo, je vais bûcher mon bois, je vais scier mon bois, etc. » Et là, il faut que tu passes tes planches dans le planeur et puis tu parles à un architecte qui te dit : « Pis, le séchage? As-tu garanti le taux d’humidité de chacun de tes morceaux? Parce que p’tête que tes murs vont ballonner parce qu’il y a un morceau qui va sécher et… » Il faut tout calculer ça!

Frédéric : Vous voyez, JS est une source inépuisable d’informations… il l’a vécu de A à Z.

Jean-Sébastien : - Il faut être prêt… t’es un aventurier. Comme chaque projet est unique, tu t’en vas où personne n’est jamais allé, mais vraiment personne. J’avais l’impression « d’ouvrir des trails ». J’ai fait les coins arrondis, pour adoucir les lignes de la maison. C’est beau des coins arrondis alors on en a mis partout! Mais, mettre du crépi sur des coins arrondis… c’est pas une partie de plaisir!

Frédéric : - Au départ, on a vraiment considéré des options écologiques, mais comme nous rénovions à New York, il y a une surenchère dans les services offerts. On est allé voir une boutique de Long Island qui fabriquait des armoires de cuisine avec de l’aluminium recyclé. Notre cuisine faisait à peu près 8 pieds par 4 pieds, ce n’est pas beaucoup, et juste en armoires, ils nous auraient chargé 30 000 $... mais ils nous auraient donné un lave-vaisselle gratuit! C’était vraiment du greenwashing et j’ai constaté que ça peut amener des excès.

Écohabitation : - Et finalement, que demanderiez-vous à votre maire de ville ou d’arrondissement?

Frédéric : - De plus en plus de gens s’installent en ville, alors il faut ramener de la nature en ville, c’est primordial. Il faut que les structures municipales offrent une flexibilité et des ressources pour t’aider à faire les premiers pas d’un projet, une ruelle verte par exemple. Avoir quelqu’un à l’écoquartier qui te dit le début de la marche à suivre. Il faut rendre ces outils-là vraiment disponibles.

Jean-Sébastien : - J’aimerais une plus grande ouverture pour l’agriculture urbaine : jardin devant, derrière, des poules, des lapins, etc !  Ensuite, je pense qu’il faut faciliter le transport actif et le transport en commun. C’est là que les gens peuvent gagner en qualité de vie et d’environnement.

Encourager un peu plus le compostage à la maison aussi. Le fameux bac brun, c’est super pour les résidus verts de la cour et du jardin, mais pour les restes de table, la collecte de compost en camion n’est pas toujours nécessaire. Si tu as accès à un espace au sol, composter soi-même est facile, en plus de pouvoir en tirer bénéfice. Et tu sais que ton compost n’a pas eu de boue municipale ou de bouts de papeterie dedans. Tu as le contrôle de ce qui en sort !

Il est possible de visionner les épisodes des deux saisons des Verts contre-attaquent en ligne sur Télé-Québec. Un grand merci à Jean-Sébastien Busque et Frédéric Choinière pour cette entrevue et pour leur enthousiasme.
Venez les retrouver le 26 avril prochain au colloque Écohabitation 2014 : Ma maison écologique, ma maison économique! Les places sont limitées, inscrivez-vous dès maintenant et profitez du tarif de prévente jusqu’au 31 mars.
Merci à CAA Québec-Habitation, Partenaire Majeur d'Écohabitation et du Rendez-Vous Écohabitation 2014, pour son implication. 

 

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