Bois

Le bois de construction, avantageux mais sous-utilisé par le secteur non-résidentiel

Le bois ne manque pas d'atouts pour séduire. Il est clairement à la hauteur des attentes écologiques. Pourtant, malgré toutes ses qualités, cette ressource est sous-utilisée par les industries, les commerces et les institutions...

Avantages d’utiliser du bois en construction et les limites au Québec
Bois © Kyden Jordan sous licence Creative Commons

Les avantages environnementaux de la construction en bois

Choisir le bois, c'est participer à la lutte contre les changements climatiques, dans la mesure où l'arbre utilisé a été remplacé! En effet, en « piégeant » le carbone, les arbres contribuent à réduire les gaz à effet de serre. En fait, pour se développer, un arbre absorbe le CO2 de l’air et rejette de l’oxygène (c’est le processus de photosynthèse). Ainsi, environ 50% du matériau bois (lorsqu’il est sec) est du carbone. Ce carbone reste dans le bois même après que l'arbre a été récolté. Ainsi, il est reconnu que l'utilisation de 1 m3 de bois de construction permet de retirer de l'atmosphère 0,9 tonne de CO2 (lire Cecobois). À titre d'exemple, une construction typique à structure de bois de 2 400 pieds carrés retient l'équivalent de 29 tonnes de carbone : en terme de GES, c’est l'équivalent de ce que génère une voiture de tourisme sur cinq ans (environ 12 500 litres d'essence).

Par ailleurs, tout au long de son cycle de vie (coupe, transport, scierie, etc.), le bois a besoin de moins d’énergie et a moins d’impact sur l’environnement que l'acier ou le béton. Selon une étude menée par le CORRIM (Consortium for Research on Renewable Industrial Materials) l'utilisation d'acier ou de béton au lieu du bois pour la construction résidentielle contribuerait à générer respectivement 26 % et 31 % plus de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Qui plus est, le bois en construction est un matériau qui résiste bien au temps, à condition de concevoir la maison en conséquence, de bien l’entretenir et de bien le protéger contre l’humidité et certains insectes ravageurs, comme les fourmis charpentières.

Le point sur la résistance au feu du bois massif.

Il ne brûle que de 0,7 mm par minute (4,2 cm par heure). De plus la structure reste stable, même si l’incendie dure longtemps. Enfin, les statistiques montrent que le risque d’incendie n’est pas plus élevé pour les maisons en bois que pour les maisons « traditionnelles ».  Pour en savoir plus consultez les pages du site web de Cecobois consacrées à la résistance au feu du bois.

Aussi, jetez un œil sur notre section « Parement extérieurs » pour comparer les performances du bois avec celle d'autres matériaux de revêtements.

Le bois : utilisable pour les constructions multi-étage?

L'immeuble Stathaus de Londres, aussi appelé la Timber Tower, est à ce jour le plus haut bâtiment construit en bois d’œuvre (9 étages : 8 étages en bois sur une plate-forme de béton). Il a été assemblé en employant un système structural mis au point par KLH (en Autriche). Les panneaux «laminés-croisés» utilisés ont été préfabriqués à partir de languettes de bois d'œuvre collées ensemble. Leur densité accrue confère au bâtiment une insonorisation de haut niveau. Selon les calculs des architectes, l'utilisation du bois dans ce projet a évité l'émission de plus de 310 tonnes de carbone par rapport à d'autres matériaux. (source : Cecobois).

Le bois sous-utilisé : un paradoxe québécois

Construction en bois pour un immeuble résidentiel multi-étage, Montréal, 2010. ©
Construction en bois pour un immeuble résidentiel multi-étage, Montréal, 2010. © www.celinelecomte.com

Bien que le bois soit très utilisé dans le secteur résidentiel de moins de 3 étages, il est loin d’être toujours issu de forêts gérées durablement. Par ailleurs, le rapport Beaulieu, commandé par le gouvernement Charest et publié en mars 2012, vise à augmenter la part du bois dans le bâtiment. Un article complet sur l'utilisation du bois en construction au Québec est disponible sur le site web de Radio-Canada. Il a par contre des lacunes. Par exemple, l’idée de fixer des pourcentages obligatoires d'utilisation du bois dans les nouvelles constructions, comme le souhaitait le président de l'Ordre des Architectes du Québec, a été écartée.

Pour en savoir plus, consultez l'article d'Écohabitation sur l'utilisation du bois au Québec.

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