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Maison autonome ou pas ?

Avant de commencer la recherche d’équipements pour le système électrique, il faut bien comprendre quels sont vos besoins.

Panneau photovoltaïque dans la maison autonome des Jardins de l’Écoumène
Panneau photovoltaïque dans la maison autonome des Jardins de l’Écoumène (Lanaudière). © Écohabitation

Cette fiche s’adresse particulièrement aux propriétaires de maisons autonomes, qui ont la particularité de ne pas être branchées au réseau d’électricité et de gérer elles-mêmes toute leur énergie, de la production à la consommation. Ainsi, les composantes électriques présentées dans les pages suivantes ne sont pas toutes nécessaires dans le cas d’une maison semi-autonome, qui produit une part de son électricité, mais qui est tout de même raccordée au réseau pour y vendre ses surplus et/ou y puiser ses manques.

Prendre la décision de se ne pas se connecter (ou de se débrancher) du réseau d’Hydro-Québec implique nécessairement un grand changement dans les habitudes de vie. Avant de s’embarquer dans une telle aventure, il faut être bien conscient que votre mode de vie sera grandement affecté. Par exemple, si vous optez pour une production à partir de panneaux solaires photovoltaïques, vous noterez davantage les changements saisonniers car en hiver les besoins énergétiques sont à leur maximum alors que la production chute en raison des journées plus courtes. Il faut vraiment y croire ! De plus, il ne faut pas penser que vos proches seront les premiers à vous prêter main-forte car vous pourriez être déçu. Chacun doit y voir un avantage à participer à un tel projet ; ainsi, les premiers à vous aider seront certainement des gens qui, comme vous, songent à se lancer dans une telle entreprise.

La maison autonome est-elle vraiment écologique ?

En choisissant de s’installer loin des lignes électriques du réseau d’Hydro-Québec, il peut s’avérer financièrement avantageux d’opter pour une maison autonome plutôt que de payer pour la ligne pour la connexion. Mais peut-on se vanter d’être « vert » en faisant un tel choix ?

Il est fort probable que pour des raisons d’économies, le propriétaire autonome choisisse de sous-dimensionner son système de captation d’énergie et de batteries, et s’équipe d’une génératrice pour pallier à ses manques d’énergie ou de puissance, occasionnels, mais fréquents. Or, une génératrice est une manière inefficace de produire de l’énergie : son emploi réduit donc l’aspect « vert » de la maison autonome. Par ailleurs, une telle machinerie contient beaucoup d’énergie grise, laquelle prendra longtemps avant d’être compensée par la production d’énergie renouvelable – sans doute plus longtemps que la durée de vie de cette pièce de machinerie! C’est sans compter l’usage de batteries qui sont constituées de métaux lourds (plomb, cadmium, lithium), toxiques et parfois rares, en plus d’avoir un coût élevé et une durée de vie relativement faible (5 à 10 ans, selon l’utilisation et l’entretien).

Une façon toute simple d’être plus vert serait donc… de repenser son choix d’emplacement, dans la mesure du possible !

La définition du confort dans une résidence varie aussi selon les saisons, mais dépend beaucoup de la température. Il est important de mentionner que tout le chauffage, de l’air ambiant comme de l’eau, ne peut pas être pris en charge par le système électrique, il consommerait beaucoup trop d’énergie. Vous devez envisager d’autres options telles que la biomasse. La meilleure stratégie demeure cependant de diminuer vos besoins en énergie, en construisant la maison la plus isolée et étanche possible.

EnergyStar
© AC Home X, Creative Commons

Une maison autonome implique nécessairement une bonne gestion de sa consommation d’énergie. Ainsi il faut impérativement des appareils efficaces et peu énergivores. Deux programmes étiquètent déjà divers produits et informent les consommateurs de la demande énergétique de leurs appareils.

  1. ÉnerGuide, un programme du gouvernement canadien, attribue une cote d’efficacité énergétique pour une grande variété d’appareils tels que les électroménagers, les systèmes de chauffages et de ventilation et climatisation.
  2. Recherchez aussi le symbole EnergyStar sur vos appareils pour vous assurer un maximum d’efficacité énergétique. Il permet de reconnaitre les appareils les plus éconergétiques de leur catégorie, puisqu’il ne figure que sur les modèles de 10 à 50 % plus efficaces que les modèles classiques.

Voici donc une schématisation de ce que représentent les composantes électriques nécessaires pour une maison semi-autonome. On y trouve le moyen de production, ici représenté par des panneaux photovoltaïques, couplés à un onduleur directement branché à la boîte électrique. Le tableau suivant relate certains avantages et inconvénients d’un tel système.

Vue d’ensemble d’un système raccordé au réseau public
Vue d’ensemble d’un système raccordé au réseau public. Source : Catalogue 2013 de Matrix Energy, page 72. Modifié par D. Boyer, Écohabitation.

Avantages

Inconvénients

  • Réductions des coûts par l’élimination d’appareils de stockage (accumulateurs, génératrice);
  • Réduction des impacts sur l’environnement des appareils de stockages;
  • Possibilité d’obtenir des crédits pour des surplus d’électricité;
  • Profiter d’une source d’électricité fiable.
  • Coût de l’installation (double compteur, vérification de son équipement, frais d’abonnement au Québec)
  • Achat d’un onduleur si on a des panneaux solaires photovoltaïques.

 

La figure suivante présente quant à elle un système complètement autonome. On y voit bien tout l’équipement électrique nécessaire afin de pouvoir utiliser l’électricité produite pour alimenter les appareils ménagers. Un tableau détaille également les principaux avantages et inconvénients pour ce type d’installation.

Vue d’ensemble d’un système autonome
Vue d’ensemble d’un système autonome. Source : Catalogue 2013 de Matrix Energy, page 70. Modifié par D. Boyer, Écohabitation.

Avantages

Inconvénients

  • Indépendance énergétique totale;
  • Option économiquement compétitive pour habitation très éloignée du réseau de distribution d’électricité.
  • Coût supplémentaires pour le système de stockage (batteries, génératrice, onduleur);
  • Entretien des équipements;
  • Demande beaucoup d’expertise pour gérer son propre réseau électrique;
  • Puissance du système dépend du climat;
  • Pollution (Combustion fossile due à la génératrice, déchets des accumulateurs, risque de déversement).

 

Au Québec, si vous désirez rester connectés au réseau, les kilowattheures (kWh) de surplus de votre production électrique qui seront réinjectés dans le réseau de distribution, ne vous seront pas rachetés. Vous obtiendrez simplement un crédit sur les kWh qui vous seront fournis par Hydro-Québec. Cette option, ne vous procurant pas une valeur de rachat sur votre surplus d’électricité alimentant le réseau, ne vous permet donc pas de rentabiliser votre investissement. Ce choix d’Hydro-Québec est donc un frein au développement du mouvement d’autoproduction au Québec, contrairement à ce qui se fait en Ontario ou en Europe.

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