Eau et Plomberie

Le système de récupération d’eau de pluie (2) : la citerne

Chères ou... récupérées, voici comment trouver puis utiliser votre (ou vos) citernes...

Citernes de collecte d’eau de pluie dans l’Ohio
Citernes de collecte d’eau de pluie dans l’Ohio. © Chiot’s Run, CC

La cuve de stockage pourrait représenter l’investissement le plus important du collecteur d’eau de pluie… ou, avec un brin de débrouillardise et d’originalité, l’un des plus faibles ! Il existe de nombreuses solutions pour se doter d’un dispositif de stockage qui réponde à vos besoins ; encore faut-il bien établir ceux-ci, prioritairement.

  1. Calculez le volume d’eau récupérable dans votre région et pour votre surface de captage

Il suffit pour ce calcul de multiplier la quantité de précipitation annuelle moyenne en-dehors des périodes de gel (par exemple de début mai à fin septembre), exprimée en mm, par la surface de captation, en mètres carrés (m²), pour obtenir le volume potentiel d’eau récupérable, en litres. Pour un calcul plus réaliste on doit multiplier par un coefficient de pertes pour tenir compte de l’eau qui sera absorbée par la toiture pour s’évaporer par la suite, du prélavage du toit, des fuites dans le système, etc. Ce coefficient dépend du type de surface (exemple bardeaux, béton, argile…) et vaudrait en général environ 0,9.

La capacité de la cuve sera alors le volume calculé multiplié par le nombre de jours de réserve désiré, le tout divisé par la période de captation visée (153 jours entre le début mai à la fin septembre).

Par exemple, pour Montréal, où il tombe en moyenne quelque 440 mm de pluie, une surface de 100 m² donnerait un volume potentiel de 44 000 litres (440 mm x 100 m²).

Pour trouver la pluviométrie de votre région, allez faire un tour sur le site de Météomédia, sélectionnez une ville et cliquez sur l’onglet « Nouvelles et infos » puis saisissez « Statistiques ». Enfin, sélectionnez l’onglet « Précipitations ». Il ne reste plus qu’à faire la somme des chutes de pluies mensuelles pour les mois de récolte.
  1. Calculez le volume d’eau dont vous estimez avoir besoin annuellement

Pour estimer les besoins en eau, il faut établir précisément l’usage qu’on voudra en faire. Ensuite il faudra estimer le besoin pour chaque usage et la fréquence d’utilisation pour chaque besoin. Par exemple, si le besoin se résume à une utilisation extérieure qui inclut l’arrosage et le lavage de voiture, il faut déterminer la fréquence d’arrosage (ex. 2 fois/semaine) et la quantité requise par arrosage (ex. 5 L/m² pour une surface de 100 m²) de même que la fréquence de lavage de la voiture (ex. 1 fois/semaine) et de la quantité d’eau requise à chaque fois (ex. 20 L). Le volume d’eau requis serait donc :

2 fois/semaine x 1 semaine/7 jours x 153 jours x 5 L/m² x 100 m² +

+ 1 fois/semaine x 1 semaine/7 jours x 153 jours x 20 L/fois =  21 857 L + 437 L =

= 22 300 L

Le volume de la cuve devrait correspondre à la plus petite des deux quantités calculées précédemment. En effet, si votre toit ne peut capter que 1 000 litres d’eau durant la période pluvieuse, inutile de se doter d’un volume de 5 000 litres (à moins de compter sur la livraison d’eau par camion-citerne, par exemple). À l’inverse, si vos besoins sont limités à 1 000 litres par année, inutile de capter et de garder davantage en réserve, peu importe la pluviométrie de votre région.

Une fois établi le besoin de captation total, on peut calculer la taille de la citerne en supposant qu’elle est vide au début de la saison et qu’elle devrait fournir de l’eau pendant 2 semaines sans pluie. Le tableau qui suit résume le calcul du potentiel de captation, des besoins annuels et de la taille de la cuve.

Calcul du potentiel de captation, des besoins annuels et de la taille de la cuve

Dans le cas particulier où l’eau de pluie constitue le seul apport en eau potable pour les besoins domestiques, il faut inclure une réserve suffisante pour subvenir à tous les besoins de la maisonnée durant la période hivernale. Il pourrait être nécessaire dans ce cas d’ajouter une surface de captage supplémentaire afin d’augmenter le potentiel de récupération. Il serait sage aussi de songer à un emplacement du réservoir propice à la livraison d’eau par camion-citerne en cas de sécheresse prolongée.

Dispositif pour assurer une arrivée d’eau calme qui évite le remous des dépots.
Dispositif pour assurer une arrivée d’eau calme qui évite le remous des dépots. © Denis Boyer, Écohabitation

La plupart des citernes sont de forme cylindrique, ce qui leur confère une plus grande résistance à la déformation pour une épaisseur donnée de parois. Les experts recommandent de garder le réservoir bien fermé afin de protéger le contenu des rayons solaires (responsables de la croissance d’algues), des animaux et insectes et pour éviter l’évaporation. Pour éviter de remuer les sédiments au fond du réservoir, une citerne peut être munie d’une « arrivée calme », tel que présenté à droite.

Si le réservoir n’est pas localisé à l’abri du froid, il devra être préparé pour l’hiver – vidé et nettoyé, de même que les tuyaux et accessoires. La meilleure façon d’éviter cette contrainte est d’enterrer la cuve sous terre, sous la ligne de gel, ou dans le sous-sol.

Choisir sa citerne

Il existe une panoplie de contenants pouvant servir de citerne, chacun avec ses points forts et ses lacunes, qu’il s’agisse du prix, de l’esthétisme, du volume ou autres.

Pour commencer à récupérer votre eau de pluie sans vous ruiner vous pouvez facilement trouver sur internet un réservoir de qualité alimentaire de 1 000 litres pour un peu plus de 100$. Un système de récupération de l’eau répondant à une grande part des besoins de base pourrait donc être acquis pour environ 500$ plus les coûts d’installation. Informez-vous auprès de votre municipalité pour vérifier s’il existe un programme d’encouragement à la récupération de l’eau de pluie donnant accès à un réservoir d’eau de pluie à prix réduit.

Il existe cependant des citernes plus élégantes (ex. en bois) ou plus discrètes (s’apparentant à une clôture ou simplement dissimulées dans le sol) pour récupérer l’eau sans amenuiser l’apparence de votre propriété.

Si vous utilisez un réservoir recyclé, assurez-vous qu’il ne contenait pas des matières dangereuses qui pourraient en imprégner le matériau et contaminer votre eau.

Fosses septique
© Emmanuel Cosgrove, Écohabitation.

Une option intéressante, si vous devez de toute manière faire installer une fosse septique et que vous désirez récolter un grand volume d’eau de pluie, serait d’installer un deuxième réservoir à fosse septique, celui-là pour collecter l’eau de pluie, juste à côté de l’autre. Puisque vous devez déjà creuser un trou pour l’enfouissement du premier, cet ajout nécessitera relativement peu d’effort supplémentaire. Si votre fosse septique est en béton, vous profiterez alors, en plus d’un grand réservoir (3 m³), du bénéfice additionnel de neutraliser l’acidité de votre eau, grâce au ciment alcalin qu’il contient. Un grand volume à bon prix ! L’image qui suit illustre le concept.

Le surcoût pour enterrer une seconde fosse septique est négligeable par rapport au coût d’en ensevelir une seule. C’est le temps d’en profiter !

N’oubliez pas que votre citerne doit être munie d’une évacuation pour le « trop plein » afin de permettre d’évacuer l’eau du réservoir lorsque celui-ci est déjà rempli à pleine capacité. Si le réservoir est enfoui dans le sol, il faut veiller à munir le tuyau d’évacuation du trop plein d’un clapet anti retour afin d’éviter de contaminer l’eau du réservoir avec l’eau d’infiltration du sol. Inversement, comme il faudra probablement une pompe pour soutirer l’eau du réservoir lors de l’utilisation (sauf si celui-ci est localisé en hauteur, ce qui est fort improbable, et que la gravité permet de puiser l’eau sous pression), il faut s’assurer de ne pas faire fonctionner la pompe lorsque le niveau dans le réservoir est trop bas, afin de ne pas endommager celle-ci. Cela peut être accompli en introduisant un interrupteur relié à un flotteur qui coupe le circuit de la pompe lorsque le flotteur descend sous un certain seuil, ou simplement, en ajoutant de l’eau du réseau (si disponible) lorsque le niveau de la cuve est trop bas, sur le même principe que la cuve d’une toilette conventionnelle.

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