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Tout sur la piscine naturelle

Pas de chlore, mais de la filtration et de l'oxygénation naturelles, grâce aux plantes. La piscine écologique, il n'est jamais trop tard pour la découvrir!

Tout sur la piscine écologique et la piscine naturelle
Étang de baignade, Boucherville, Image © SymbiOse Paysage

Origines de la piscine naturelle

Voulant sauter dans la vague du développement durable et de la lutte contre les réchauffements climatiques, l’Autriche a plongé dans la création des piscines naturelles dès le début des années 1980. Des équipes de chercheurs autrichiennes se sont alors penchées sur ce nouveau concept de bassins aquatique écologiques qui invite la nature à reprendre sa place. Inspirée des lacs de montagnes, l’idée a évolué rapidement pour se répandre en Allemagne, puis s’étendre à travers l’Europe pour atteindre notre continent il y a de cela quelques années.

Pourquoi choisir la piscine écologique?

Selon Guy Gosselin, de chez Symbiose Paysage «  la piscine écologique, en intégrant des matériaux nobles et un riche amalgame de végétaux, crée un espace en harmonie avec l’environnement ». Ceci contribue à expliquer le fait que depuis quelques années, la piscine biologique — aussi désignée biopiscine, piscine écologique, bassin biologique, bassin de baignade naturelle, étang de baignade et piscine vivante — se retrouve dans la cour privée de nombreux adeptes québécois.

 

En plus de présenter une fraîcheur esthétique pour les yeux et de réduire les écarts thermiques, ces plans d’eau naturels présentent de nombreux avantages;

  • Aucun produit chimique
  • Qualité d’une eau non chlorée
  • Aspect esthétique, contact avec la faune et la flore. Les oiseaux, papillons, libellules et autres seront plus nombreux à venir visiter votre jardin.
  • Frais d’entretien réduits
  • Frais de conception et de construction avantageux
  • Résiste bien aux hivers québécois

Le fonctionnement d'une piscine écologique?

Afin de restituer la vie et l’équilibre biologique d’un milieu, la création d’un bassin naturel est un choix intéressant. Divisée en quatre zones, la piscine est de conception écologique et son épuration se fait naturellement.

  • Zone centrale de baignade : Cet espace, équivalent ou inférieur à la zone réservée aux plantes, est l’endroit où s’effectue l’immersion.  Dans cette zone, on retrouve généralement un filtre à sable, une écumoire, un compartiment de sédimentation et un filtre UV.
  • Zone de filtration périphérique : Moins profonde, cette partie accueille les plantes épuratives qui participent à l'assainissement naturel de l’eau.
  • Zone d’oxygénation : Afin de bien aérer le bassin, différents modes de recirculation de l’eau — chutes, cascade, etc. — sont habituellement inclus. On y retrouve également les plantes d’oxygénation. Ici, l’eau traverse la ceinture végétale, se tempère au contact des galets chauffés par le soleil, puis retourne au bassin d’immersion.
  • Zone de régénération : Fréquemment appelée lagune, cette zone, plus profonde, sert de transition visuelle entre le milieu végétal et aquatique. Ici sont installés les nénuphars ainsi que les diverses plantes flottantes.
Fonctionnement et zones d'une piscine naturelle
Fonctionnement et zones d'une piscine naturelle, image © SymbiOse Paysage

Afin que les végétaux s’épanouissent, les bassins ont généralement une pente de 30 % et le pH varie entre 6 et 7. Si le bassin est bien conçu et bien situé, il nécessitera moins d’entretien qu’une piscine conventionnelle.

  • Taille : Plus le bassin est grand et profond, plus les algues sont rares. Par contre, un bassin trop profond aura plus de difficulté à se réchauffer. Il est donc conseillé de creuser la zone de baignade entre 1,5 m et 2,5 m, ce qui permettra une bonne harmonie du bassin et une protection des organismes vivants pendant l’hiver. Un minimum de 50m2 de surface est à prévoir pour un bon équilibre biologique.
  • Proportion de l’apport ombre/soleil : Le soleil favorise la prolifération des algues et la photosynthèse. Il faut donc éviter d’installer la piscine écologique en plein soleil et la protéger avec des plantes au feuillage flottant.

Entretien des piscines naturelles 

  • Tailler les plantes à l’automne
  • Protéger le bassin de la chute des feuilles : Afin d’éviter l’eutrophisation du milieu, un filet protecteur est généralement installé à l’automne. Les feuilles mortes sont alors facilement récupérables. 
  • Algues : On peut ajouter de la phosphorite ou des bactéries à l’eau du bassin.
  • Hiver : Pour préparer le bassin au gel hivernal, il suffit de vider les tuyaux de filtration. Nul autre entretien n’est requis.

Une baignade au milieu de la faune

Vous ne serez pas surpris de retrouver un éventail coloré de faune et de flore.  Insectes, grenouilles, escargots et autres animaux aquatiques font partie intégrante de l’écosystème de tout bassin naturel. Il vous faudra alors partager votre baignade avec cette microfaune qui participe au nettoyage de la piscine en brassant l’eau et en se nourrissant d’algues et d’insectes nuisibles, tels les moustiques.

  • Daphnies : Également appelé puce d’eau, ce zooplancton va jouer un rôle majeur dans la régulation des cycles de nitrates, de phytoplancton et de phosphate. Prédateur des bactéries, il est également une source importante d’alimentation pour les divers animaux aquatiques.
  • Animaux aquatiques — insectes, larves, crevettes, grenouilles, escargots d’eau : Ils se nourrissent les uns des autres, assurent le brassage de l’eau et font le charme des bassins naturels.
  • Plantes : Trois sortes de plantes régulent le cycle naturel du bassin.
  • flottantes : fixés au fond, les nénuphars et autres types de plantes flottantes apportent de l’ombre au plan d’eau et protègent les micro-organismes.
  • oxygénantes : en absorbant les nitrates et les phosphates, ces plantes immergées et flottantes libres contribuent à l’équilibre écologique de la piscine et jouent un rôle prédominant dans le traitement contre les algues.
  • épuratives : les bactéries anaérobiques et aérobiques vivent et prolifèrent autour de leurs racines. Elles vont réduire les résidus des végétaux, des animaux morts et les molécules chimiques nuisibles générées par les débris. Les bactéries transforment alors ces déchets en éléments nutritifs assimilables par les plantes et les animaux.
Étang de baignade, Laval
Étang de baignade, Laval, image © SymbiOse Paysage

On évite :

  • Poissons : Ils sont générateurs d’excréments qui peuvent faciliter la prolifération des algues. Il est généralement conseillé de ne pas en mettre dans les bassins écologiques.

Coûts d'une piscine écologique

Le coût d’une piscine naturelle construite par un professionnel, incluant la conception, la construction, l’aménagement du bassin et les plantes aquatiques, équivaut à celui d’une piscine creusée traditionnelle. Selon le type de bassin choisi, il faut donc prévoir débourser entre 100 et 150 $ du pi2. Le coût d'un étang de baignade varie entre 100-130 $ du pi2 et celui de la piscine naturelle se rapproche plus de 150 $ du pi2.  Pour une surface de 200 pi2, il en coutera entre 20 000 $ et 30 000 $.

Pour une autoconstruction, les coûts sont moindres. Par contre, la réalisation nécessitant précision et minutie, il importe de bien s’informer, de se documenter adéquatement et de bien planifier son projet.

Les inconvénients

  • Température fraîche : La température recommandée pour les piscines naturelles oscille généralement autour de 75 °F. Plus frais que les piscines traditionnelles, les bassins écologiques peuvent donc ne pas convenir à tous.
  • Surface glissante : Relativement aux surfaces bleues et bien lisses des piscines habituelles, le fond des bassins se recouvrira, avec le temps, d’une fine pellicule végétale un peu glissante. Cette membrane, s’apparentant aux surfaces des lacs, n’est pas visuellement dérangeante. Elle pourrait toutefois déplaire à ceux qui recherchent une propreté aseptisée. 

Qui contacter?

Au Québec, vous pouvez contacter ;

Le Règlement sur la sécurité des piscines résidentielles s’applique aussi pour les piscines naturelles et pour les étangs de baignade dans certains cas. Il importe de vérifier les règles d’urbanisme de votre municipalité afin de vous procurer les permis nécessaires.

À lire : 

Guillet, Philippe, Le guide des piscines naturelles et écologiques, Éditions Eyrolles, 2008, 172 pages.

Saulé, Anne-Laure et Sperat-Czar, Arnaud, Piscines, les solutions écologiques, Éditions Eyrolles, 2009, 144 pages.

 

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