Aménagement extérieur Agriculture urbaine

Zoom sur trois potagers urbains (1) : découvrez et choisissez !

Jardin en bouteilles, jardin sur toit, jardin dans la cour arrière : découvrez donc les expériences de trois experts... dénichés dans les bureaux d’Ecohabitation à Montréal.

Nuwandalice, CC
Semis dans des coquilles d'oeufs. Nuwandalice, CC

Le nez dans l'ordinateur, on cherchait des exemples de potagers urbains différents et alléchants pour vous donner envie de faire le grand saut ce printemps. Il suffisait de lever la tête: parmi les permanents d'Ecohabitation et Archibio, on trouve trois cultivateurs montréalais et fiers de l'être, pratiquant une micro-agriculture enthousiaste et pointue. Ils vous donnent leurs trucs et astuces!

Des bacs Biotop sur le toit : le choix de Jean-François, coordinateur d’Evaluations Ecohabitation

 

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1. Ton type de potager et tes légumes de prédilection ?

Depuis 5 ans, j’ai installé 14 bacs Biotop sur mon toit-terrasse. Ces bacs, à mi-chemin entre l'hydroponique et la culture en terre, sont très productifs ! Ils sont en plastique, légers et faciles à installer. Pas besoin d'un toit spécialement solide : une fois remplis, ils exercent une pression de 15 lb au pied carré comparativement à un toit végétal qui exerce 100 lb au pied carré.  Les bacs sont disposés autour de la terrasse. Quand ça pousse, ça crée un mur végétal. C'est très joli et ça se mange ! Cette année, je vais planter des tomates cerise, des poivrons, des cornichons, du chou frisé, des haricots, du basilic, de la ciboulette et de l’origan. Le toit est parfait pour les légumes comme les tomates, poivrons, haricots, basilic... qui adorent le soleil.

© Alec Derghazarian pour Écohabitation
© Alec Derghazarian pour Écohabitation

2. Qu'est-ce que tu fais en ce moment avec ton potager? Tu en es où?

Je commence habituellement vers début mai, avec l'achat des éléments nécessaires : compost bio, vermiculite (tampon sous le compost qui permet aux racines d’aller chercher les nutriments qui se trouvent dans la réserve d'eau) engrais bio, mycorhizes (champignons qui favorisent la productivité de la plante). Je branche mon système d'irrigation car la pluie ne suffit pas : sur le toit, ça crâme ! C'est un tuyau goutte-à-goutte qui court sur les bacs. Ce tuyau est branché sur l'arrivée d'eau que j'ai installée sur le toit avec minuterie pour régler le moment et le temps d'arrosage. Ensuite, vers la fin mai, j'achète de petits plants biologiques au marché Jean-Talon et je transplante le tout la journée même.

3. Quels sont tes conseils ?

Dissuader les écureuils avec tous les moyens possibles! C’est vraiment une peste pour un potager...

4. Quel est ton degré d'autosuffisance alimentaire, honnêtement ;-) ?

Je récolte à peu près six semaines après la transplantation et j'en ai pour le reste de l'été à nous faire de super salades croquantes et savoureuses ! Dépendamment des années, je peux avoir des haricots, poivrons, cornichons et pesto en congelés ou en conserve, pour l'année ou presque. Les bacs Biotop sont reconnus pour leur hyper productivité.

Sur la naissance des bacs Biotop, lire ici.

Jardin intérieur en bouteilles : le choix de Benjamin, consultant chez Evaluations Ecohabitation

Le jardin intérieur de Benjamin, avec vue sur le Mont-Royal © Benjamin Zizi pour Écohabitation

1. Ton type de potager et tes légumes de prédilection ? « J’ai installé en janvier un jardin intérieur Biocité, un « jardin en bouteilles », après avoir écrit un article sur ce système ingénieux pour Ecohabitation. S’il a la caractéristique d’être hivernal, il peut être aussi estival ! Pour le moment y poussent des salades, de la roquette, du kale, du basilic, du persil et des bettes à carde. J'ai aussi des salades « repoussées » : j'ai découvert récemment qu'en mettant la base de la salade après l'avoir coupée, simplement dans de l'eau, elle repousse, et ça marche! Deux salades pour le prix d'une! On peut apparemment les replanter en terre une fois que les racines sortent, mais je n’ai pas essayé encore. »

Une trouvaille de Benjamin: les salades repoussent dans l'eau! © Benjamin Zizi pour Écohabitation

2. Qu'est-ce que tu fais en ce moment avec ton potager? Tu en es où?

« Je suis en train de penser à l'été, aux apéros sur mon balcon, et je vais remplacer certaines plantes du jardin Biocité par du thym, de l'origan, de la ciboulette et de la sauge qui germent en ce moment (les graines viennent des Jardins de l’Ecoumène. Et puis j’ai décidé de placer sur mon balcon les « Smartpots » en géotextile des Urbainculteurs, découverts au salon Mangé santé et vivre vert. Du coup j'ai mangé des gros oeufs toute la semaine pour y préparer des semis de tomates cerises cet été : les semis dans les coquilles d’oeuf, c’est pas cher, écolo, et bon pour les plantes (il y a des minéraux dans les coquilles, il faut juste les stériliser avant). J'espère avoir du lombricompost à point, à temps pour le mettre dedans. »

3. Quels sont tes conseils ?

Pour le jardin en bouteilles Biocité, je suis déçu par les salades. Ca sèche vite, ça pousse bien mais croche, le volume n’est pas au rendez-vous... Je vais remplacer tout ça par des herbes aromatiques. Aussi, il faut prévoir certains impondérables, genre bibittes. J'ai eu une invasion sur certaines de mes plantes, et Biocité m'a donné des solutions écologiques via leur forum Internet (comme des solutions à l'ail et piment à préparer et pulvériser). Contre la fonte des semis aussi, il y a des solutions. Mieux vaut savoir réagir vite, j'ai été lent et il y a eu des morts, la bataille a été sanglante :-)  C'est bien de savoir ce qui peut arriver et faire du préventif, ou agir tout de suite. Attention aussi à ne pas trop arroser ; on peut choisir des sytèmes faciles à entretenir, genre goutte à goutte à pression, réservoir par capillarité.

4. Quel est ton degré d'autosuffisance alimentaire, honnêtement ;-) ?

Ce n’est pas encore la jungle urbaine luxuriante chez moi, et je suis loin de me retirer en autosuffisance dans mon appart pour y vivre d'amour et d'eau fraîche.. Mais quand même, c'est un apport intéressant en herbes, qui coûtent cher dans le commerce. J'ai du basilic quand j'en veux, du persil pareil, du chou et des bettes à carde pour faire des bonnes omelettes ! Tout ça donne le goût d'aller plus loin. Plus ça ira, plus je serai informé, organisé et autosuffisant !

Des plates-bandes surélevées dans la cour arrière : le choix d’Alec, coordonnateur à Archibio

En ville, ajouter de la nouvelle terre est plus sûr. Photo CC

1. Ton type de potager et tes légumes de prédilection ? Cette année nous allons surtout faire pousser de la laitue, des épinards, des radis, et bien sûr les fines herbes vivaces qui reprennent vie après l'hiver : thym, menthe, ciboulette, etc. Et du basilic en grande quantité pour en faire du pesto qui durera l'année longue au congélateur. Nous achèterons peut être aussi des semis de tomates. Aucune plante de la famille des choux puisque nous avons un parasite nouvellement installé au Québec, pour cause de changements climatiques, qui reduit à néant les recoltes et qu'il est très difficile de contrôler avec un traitement bio, aux dires du spécialiste Yves Gagnon.

2. Qu'est-ce que tu fais en ce moment avec ton potager? Tu en es où ?

Nous avons acheté nos semences par correspondance aux Jardins de l'Ecoumène. On attend un peu avant de les semer directement dans le sol. Nous allons récolter de juin (laitue et epinards) à septembre (haricots, tomates...).

© Alec Derghazarian pour Écohabitation
La récolte d'ail chez Alec l'été dernier © Alec Derghazarian pour Écohabitation

3. Quels sont tes conseils ?

- Bien identifier les plantes à toutes les étapes, parce qu'on peut s’apercevoir, rendu au mois de juillet, qu'on a planté 10 plantes de tomates cerises et deux de tomates régulières, alors qu'on voulait surtout faire de la sauce tomate, ce qui ne va pas du tout!

- Prévoir une surface au sol suffisante pour les grandes plantes. Les tomates et les courges ont besoin de beaucoup de place. Plus on les entasse, même si c'est tentant, plus on a des plantes faibles  et des récoltes décevantes. 

- Les fines herbes sont faciles à cultiver et parmi les plus rentables : elles coûtent cher à l'épicerie, et ne sont jamais aussi fraîches et goûteuses que quand elles proviennent du potager.

4. Quel est ton degré d'autosuffisance alimentaire, honnêtement ;-) ?

Notre autosuffisance alimentaire reste faible, mis à part les herbes fraîches et l'ail. Mais on prend un très grand plaisir à cultiver, récolter et manger. C'est une question de qualité et non de quantité !

Un deuxième article sur l'agriculture urbaine à Montréal à venir dans les prochains jours!

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