Eau et Plomberie

Isoler son chauffe-eau et sa tuyauterie

Les chauffe-eau bénéficient déjà d’une bonne isolation, qu’on peut cependant améliorer pour limiter les pertes. Pour la tuyauterie, c’est un peu plus compliqué.

Isoler son chauffe-eau et sa tuyauterie
© Djun Kim, Creative Commons.

On entend parfois qu'il est préférable d’ajouter une enveloppe isolante supplémentaire autour des chauffe-eau à accumulation et de la tuyauterie pour réduire sa consommation énergétique et faire des économies. En effet, l'isolation du chauffe-eau permet de réduire les pertes de chaleur à travers ses parois et donc de diminuer les coûts énergétiques reliés à la production d'eau chaude sanitaire. De même, on va isoler les tuyaux d'eau chaude pour limiter les pertes de chaleur du système de distribution du fluide.

Sachez cependant qu'au Québec, ces pertes reliées à la production et la distribution d'eau chaude… contribuent en fait au chauffage de la maison (advenant que le chauffe-eau est situé à l'intérieur de l'enveloppe thermique) ! En revanche, elles continuent de chauffer la maison l’été, et peuvent engendrer une augmentation de la charge de climatisation. Comment s’y prendre ?

Isoler son chauffe-eau

Les chauffe-eau à accumulation modernes possèdent déjà une très bonne isolation. La norme minimale de rendement CAN/CSA-C191 impose une perte thermique maximale en mode d’attente de 89 watts pour les réservoirs de 270 litres standards (94 watts pour les réservoirs avec entrée d'eau froide par le bas), ce qui représente une consommation annuelle de 780 kilowattheures (89 W x 24 h/j x 365 j/an = 780 kWh). Dans notre climat, cette chaleur perdue peut réduire la charge de chauffage de notre résidence environ sept mois par année, ce qui représente environ 455 kWh ! La perte nette du réservoir est donc de 325 kWh/an, soit une dépense de 28 $ (au coût de 7,51 ¢/kWh plus les taxes, en supposant un chauffe-eau électrique). Il faudrait ajouter à cela environ le tiers, soit 10 $, en coût de climatisation en été, le cas échéant, pour une somme de 38 $ de pertes.

Recouvrir votre réservoir d’eau chaude d’isolant R-20 réduira les pertes en attente à moins de 25 watts (source : Saskatchewan Research Council), soit une perte nette d'environ 90 kWh/an qui ne vous coûtera alors plus que 8 $ (11 $ en incluant la climatisation). On trouve habituellement dans le commerce des couvertures isolantes R-5,3 ou R-6,7 pour environ 40 $, adaptées aux réservoirs de 150 à 225 litres (40 à 60 gallons). C'est un investissement que vous récupérerez en quelques années, mais n'oubliez pas que pour réduire les pertes inutiles, il faut d’abord éviter de placer le chauffe-eau dans une pièce non chauffée ! Il est aussi recommandé d'installer l'appareil sur une planche de bois ou un isolant rigide afin d'éliminer le pont thermique avec le sol si le plancher est conducteur.

Isoler sa tuyauterie

La tuyauterie qui alimente votre domicile en eau potable est elle-même responsable de pertes thermiques et mérite qu'on s'y attarde. Les canalisations d'eau chaude en cuivre diffusent la chaleur de l'eau qu'elles contiennent dans les murs, sous les planchers, ou dans les armoires. Ces pertes font en sorte que lorsqu'on demande de l'eau chaude de notre système d'approvisionnement il est souvent nécessaire d'attendre un bon moment pour que l'eau se réchauffe à la sortie du robinet, résultant en un gaspillage d'une quantité appréciable d'eau et d'énergie lorsque cumulé sur une année entière. Ces déperditions de chaleur représentent par ailleurs une charge additionnelle pour le système de climatisation en été. On arrive toutefois à les diminuer en isolants les tuyaux visibles à la sortie du chauffe-eau et sous les comptoirs de cuisine et de salle de bain.

Accessoirement, on aurait aussi avantage à isoler les tuyaux d'eau froide qui représentent quant à eux une charge additionnelle de chauffage en hiver. L'isolant pour tuyauterie est fait de styromousse flexible en tube, un matériau facile à couper et à installer soi-même. La mousse garde sa forme et il n'est donc pas absolument nécessaire de la fixer au tuyau, mais il est toutefois recommandé de le faire pour assurer un bon recouvrement.

Veillez à utiliser un matériau ne contenant aucun HCFC (hydrochloro-fluorocarbones), CFC (chlorofluorocarbones) ou COV (composés organiques volatiles). On peut en trouver dans le commerce à moins d'un dollar le mètre.

L'eau chaude peut aussi s'échapper du réservoir par convection, du fait du thermosiphon. La figure suivante illustre ce mécanisme. On voit dans la tuyauterie à gauche de l'image que l'eau chaude monte le long de la tuyauterie et crée des pertes par convection dans l'air à travers les parois du tuyau. L'eau chaude est remplacée par de l'eau froide, plus dense. La partie droite illustre une « trappe » à chaleur, que le plombier doit installer : l'eau chaude monte jusqu'au sommet de la trappe mais ne peut redescendre de l'autre côté. Il y a donc beaucoup moins de pertes convectives.

Isoler son chauffe-eau et sa tuyauterie
La trappe à chaleur. © Denis Boyer pour Écohabitation

 

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