Santé Entretien et Qualité de l'air

Condensation, capillarité, point de rosée... Voici comment garder la tête hors de l'eau!

Fenêtres embuées, condensation sur les tuyaux, point de rosée atteint dans les murs, eau qui migre par capillarité… Vous n’y comprenez rien? C’est tout simple, suivez le guide!

Condensation, capillarité, point de rosée... Gardez la tête hors de l'eau!
© Ian Mackenzie, sous licence CC

Alors que l'été est à nos portes, la chaleur est enfin arrivée! Vous en profitez pour déguster une petite bière sur votre terrasse et de l’eau se forme sur la bouteille. On parle alors de condensation. Quand ce même phénomène se produit à l’intérieur de votre maison, sur les fenêtres, les tuyaux, à l’intérieur de vos murs, est-ce grave? Que peut-on faire?

La condensation, qu’est-ce que c’est ?

POINT DE ROSÉE

C’est la température limite pour qu’à une pression donnée, l’humidité contenue dans l’air passe de l’état gazeux à l’état liquide. Ou encore, le moment à partir duquel tout refroidissement subséquent entrainera l’apparition de l’eau sous sa forme liquide.

Bref, la température à laquelle la vapeur d’eau se condense! 

Simplement de l’air chaud chargé en vapeur d’eau qui entre en contact avec une surface suffisamment froide pour qu’il atteigne son point de rosée. Avec cette définition, on comprend comment se forme l’eau sur votre bouteille, sa température étant beaucoup plus froide que celle de l’air chaud humide ambiant. On comprend aussi pourquoi la condensation dans les fenêtres arrive plus facilement en hiver, puisque les températures extérieures sont beaucoup plus basses.

Plus le taux d’humidité contenu dans l’air intérieur est important, plus la condensation se forme facilement.

 

Pourquoi est-ce important de s’en soucier?

@David Masters, sous licence CC

LES FENÊTRES ET AUTRES SURFACES

Celles-ci sont généralement les premières touchées, car elles sont la partie la moins isolée (et donc la plus froide) de l’enveloppe thermique du bâtiment. La condensation est à éviter sur les fenêtres pour deux raisons primordiales :

  • Elle empêche la fenêtre de remplir sa fonction première : permettre de voir à l’extérieur et faire entrer les rayons chauds et lumineux du soleil. Avoir une fenêtre qui ne remplit pas son rôle, c’est tout simplement avoir installé un gros « pont thermique » (endroit où le froid s’infiltre) dans son mur, sans les avantages.
  • Elle peut causer des dégâts d’eau sur le cadre de la fenêtre. Cela peut altérer sa durabilité (peinture, corrosion, …) et causer une prolifération de moisissures ou champignons nocifs pour la santé.

La condensation peut aussi se former sur d’autres surfaces froides de la maison : la tuyauterie, les portes, les murs extérieurs, la toiture, etc. C’est normal, mais si la condensation apparaît en permanence sur vos fenêtres ou si vous observez des taches d’humidité dans la maison, il faut s’alarmer. C’est le signe que votre taux d’humidité à l’intérieur de la maison est trop important, créant un terrain favorable pour la « charmante » prolifération de contaminants et de problèmes de santé : bactéries, virus, champignons, moisissures, mites, acariens, rhinites, asthme, etc. (Lire ici et ici).

Un taux d’humidité important dans la maison peut aussi cacher des dégâts d’eau considérables dans les murs, le sous-sol ou la toiture. Il faudra y remédier rapidement.

 

L’INTÉRIEUR DES MURS

Bien que l’eau liquide et solide puisse causer des dégâts sérieux, c’est la vapeur d’eau qui est la source de la majorité des problèmes d’infiltration d’eau dans l’enveloppe. Deux mécanismes sont à l’origine de cette infiltration : le transport par l’air et la diffusion.

1. Le transport par l’air est de loin le plus important. En effet, l’air qui passe dans chaque fissure, chaque petit trou et micro-interstice de l’enveloppe contient une certaine quantité d’humidité (et donc de vapeur d’eau). Si l’air humide entre dans l’enveloppe et ne peut s’en échapper, ou s’il entre en contact avec un matériau ou surface à une température inférieure à son point de rosée, il y aura une accumulation d’eau. L’eau peut alors ruisseler dans vos murs et affecter de façon importante la durabilité et l’intégrité de votre bâtiment. C’est pourquoi on doit avoir un mur parfaitement étanche à l’air.

2. La diffusion est le déplacement de la vapeur d’eau à travers les parois, causée par une différence d’humidité de part et d’autre de l’enveloppe. Pour limiter la diffusion, il ne suffit donc pas de boucher les trous, puisqu’elle passe tout simplement à travers le mur. Un pare-vapeur freinera cette diffusion.

La diffusion par capillarité reflète pour sa part une interaction entre l’eau et une surface. Due aux forces de tensions entre les différentes phases (ici liquide vs solide), la capillarité permettra à l’eau contenue dans le sol de migrer à travers une fondation de béton non protégée, par exemple. Le phénomène est exactement le même que celui d’une éponge qui s’imbibe d’eau.

 

Comment prévenir la condensation sur les surfaces ?

Facile. Soit on augmente la température des surfaces les plus froides de la maison, soit on diminue le taux d’humidité relative de l’air (on peut aussi faire les deux si on veut être plus efficace).

  • Pour augmenter la température des surfaces les plus froides de la maison, il faut bien isoler les éléments de l’enveloppe (viser les exigences du code et doubler si possible), et les concevoir de manière à s’assurer que l’humidité qui peut s'y former s’évacue de façon adéquate. 
  • Pour les portes et fenêtres, choisissez les plus performantes : elles seront plus efficaces pour vous isoler du froid et leur surface vitrée intérieure sera plus chaude, et donc moins susceptible de créer de la condensation.
  • Assurez-vous que votre bâtiment est bien étanche à l’air pour éviter que l’air intérieur qui s’échappe par les interstices de votre enveloppe ne se condense et coule dans votre mur. Lorsque le gypse est déjà en place, il faut minimalement tenter de boucher toutes les fissures et trous et autres ouvertures visibles avec du scellant, de la mousse, des bandes coupe-froid, etc., dans les murs et le plafond, même si cela peut poser un bon défi en rénovation. Il faudra porter une attention particulière à la jonction mur-plafond. On complète idéalement avec de l’isolant et un pare-air. Si vous pouvez ouvrir le mur, c’est encore mieux. Vous pourrez porter une attention particulière aux solives.
  • Pour maintenir un taux d’humidité optimal dans votre maison, optez pour une ventilation efficace qui assurera un renouvellement adéquat de l’air intérieur et évacuera l’humidité des zones où les activités quotidiennes en créent le plus, telles que la cuisine et la salle de bain.

Il est possible que les moyens évoqués précédemment ne soient pas suffisants, ou bien que vous habitiez dans une maison existante qui comporte des défauts de conception. Heureusement, il est possible d’agir. Vous pouvez d'abord acheter un hygromètre et vous assurer que le taux d’humidité intérieure ne dépasse pas les 50%. Pour cela, il est utile de limiter et encadrer les activités qui créent beaucoup d’humidité :

  • Limitez la durée de vos douches
  • Faites bon usage de vos ventilateurs d’extraction dans la cuisine et la salle de bain
  • Évacuez l’air de votre sécheuse à l’extérieur de la maison
  • Posez un couvercle sur vos casseroles lors de la cuisson pour limiter l’évaporation

Si malgré cela le taux d’humidité reste élevé, ce n’est pas forcément nécessaire d’acheter un déshumidificateur qui vous sera surtout utile en été. L’hiver, il suffit de laisser l’air extérieur entrer chez soi, car celui-ci en se réchauffant va perdre une partie de son humidité relative. Cela se fait idéalement à l’aide d’un ventilateur récupérateur de chaleur (VRC) qui permet d’avoir un approvisionnement constant en air extérieur tout en limitant les pertes de chaleur. Dans les vieux bâtiments, il est rare d’avoir ce type de système, vous pouvez donc simplement aérer la pièce jusqu’à ce que le degré hygrométrique ait suffisamment baissé. Cela se fait bien sûr au détriment de l’efficacité énergétique : cette solution doit être votre dernier recours! Préférez les journées plus chaudes et ensoleillées pour aérer.

Pour les vieilles fenêtres coulissantes à double-vitrage : entrouvrez au minimum le panneau extérieur pour permettre à l’humidité excédentaire de s’évacuer entre les deux vitres tout en laissant le moins de chaleur possible s’échapper.

 

Finalement, le cas de la climatisation

Si vous climatisez en été, il est possible que vous vous retrouviez avec un plancher mouillé. Ceci s’explique du fait qu’en diminuant la température de l’air, la température de saturation de la vapeur d’eau (point de rosée) est atteint. L’air étant saturé, l’eau n’a d’autre choix que de condenser. Bref, l’air chaud pouvant contenir beaucoup plus de vapeur d’eau que l’air frais, on se retrouve avec le même phénomène qu’en buvant un breuvage glacé lors d’une journée chaude d’été.

 

ÉCOHABITATION RÉPOND!
Des exemples en direct de notre service d’assistance en ligne

Q. Ma maison ancestrale est toute en bois. Puis-je gicler de l’uréthane?
R. Le polyuréthane (PU) est un isolant qui ne laisse pas passer l’humidité. Il faut donc planifier avec prudence son utilisation. Si l’isolation extérieure ne garde pas la structure au-dessus du point de rosée, l’humidité de l’air intérieur pourrait se condenser dans la charpente, entraînant potentiellement des problèmes de moisissures et de pourritures.

Q. On me dit de poser le pare-vapeur du côté chaud de l’isolant. Est-ce une bonne pratique?
R. Oui. On évite ainsi de se retrouver avec de la condensation à l’intérieur du mur, à l’endroit où le point de rosée se trouve. Attention toutefois : au niveau des fondations, on pose le pare-vapeur à l’extérieur. La température du sol est considérablement plus élevée que celle de l'air extérieur au plus froid de l'hiver (≈ +5 °C versus -27 °C), mais surtout, le béton permet à l’eau de migrer par capillarité. Il est donc très important de bloquer l’infiltration d’eau venant de l’extérieur.

Q. De l’eau se forme sur mes vitres en hiver. Que faire? 
R. Réduisez simplement le taux d’humidité de la maison (ventilation adéquate de la salle de bain et de la cuisine, déshumidificateur, ouvrir les fenêtres, douches moins longues et moins chaudes, etc.).

Q. L’eau condense sur la tuyauterie dans l’entretoit. Est-ce normal? 
R. Oui. La différence de température entre vos canalisations et l’air ambiant doit être assez élevée pour que la vapeur d’eau condense. Il vous suffit d’isoler convenablement la tuyauterie avec des gaines isolantes.

Q. Après avoir ouvert le mur, je m’aperçois que l’eau a condensé sur la structure. Que faire? R. Il faut isoler avec un facteur R élevé; idéalement on double les exigences du code (2 x 24,5R) pour empêcher que l’humidité condense sur la structure froide. Il faut aussi sceller parfaitement toutes les fuites d’air.

Q. L’eau condense sur le béton au sous-sol. Est-ce normal?
R. Les murs de fondation sont généralement enfouis sous terre; la température au bas de ceux-ci oscille entre 12 et 14 °C. À cette température, puisque vos murs de fondation ne sont surement pas isolés de l’extérieur, le point de rosée est atteint lorsqu’il y a environ 70 % d’humidité relative dans l’air. Dans de telles conditions, il est normal de voir apparaître des traces de condensation sur la face intérieure des murs de fondation. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous conseillons fortement l'isolation du sous-sol par l'intérieur ET l'extérieur, mais si l’eau ne se retrouve pas emprisonnée, il ne faut pas s’en inquiéter.

 

Tout comprendre sur le phénomène physique de la condensation

Le diagramme suivant résume tous les dessous du phénomène physique qui se cache derrière ce que l’on peut observer chez soi.

© Chauffage Ventilation Conditionnement. Adapté par l’UVED
[Plage de confort température-humidité inspirée de Fauconnier R., L'action de l'humidité de l'air sur la santé dans les bâtiments tertiaires, article paru dans le numéro 10 (1992) de la revue Chauffage Ventilation Conditionnement. Adapté par l’UVED.]

 

 

On peut observer un cas typique de condensation : prenez un air intérieur à une température de 20°C à 70% d’humidité relative (à la frontière entre les zones 2 et 4). Si cet air rencontre une surface froide, il se condensera lorsqu’il touchera une surface suffisamment froide pour s’abaisser en-dessous de 14°C (100% d’humidité relative).

 

On peut également comprendre pourquoi de l’air extérieur froid qui entre dans une maison et se réchauffe perd une partie de son humidité relative. Prenez un air extérieur à une température de 0°C à 70% d’humidité (et donc à environ 3 g/kg de teneur en eau) : si cet air entre dans une maison et se réchauffe jusqu’à 20°C, il atteindra la zone 1 avec un degré hygrométrique de près de 20%.

 

Pour lire plus sur le sujet :

 

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