Peintures et finis

Les peintures synthétiques : comprendre leur composition

Comprendre les composantes et appellations des peintures conventionnelles issues de la pétrochimie.

Les peintures synthétiques
© Peapodsquadmom, CC

Une peinture est généralement composée de :

  • Liants ou résines : ils lient entre eux les composants de la peinture et permettent au mélange de se fixer  sur le fond, au moment du séchage ou de la solidification.
  • Solvants (diluants): ils dissolvent tous les constituants  pour obtenir une formule liquide facile à appliquer. Ils sont dits « inorganiques » comme l’eau ou « organiques » - rien à voir avec la nourriture biologique… - comme les solvants à base d'hydrocarbures (ex. « white spirit », toluène, xylène...)
  • Pigments: ils donnent à la peinture la teinte désirée.
  • Additifs: ils améliorent les qualités du mélange des composants de la peinture (séchage plus rapide, meilleure conservation…)
  • Charges : substances généralement d’origine naturelle (poudre de marbre,  silices, talc, kaolin, etc.). Elles apportent d’autres propriétés spécifiques: viscosité, épaisseur, effet stabilisateur, etc.

Voici les principales catégories de peintures disponibles sur le marché, leurs composants et certaines de leurs caractéristiques. Dans les informations suivantes, les peintures sont classées en deux grandes catégories et deux sous-catégories décrivant chacune la composition d’une peinture.

Le terme peintures synthétiques fait référence aux peintures courantes issues de la pétrochimie.

Celui de peintures naturelles (voir page suivante pour ce chapitre) aux peintures moins courantes, issues de matières naturelles biodégradables et/ou écocompatibles.

L’expression « En phase solvant » désigne les peintures qui se diluent au solvant organique (ici organique ne signifie pas du tout « biologique » ou « naturel »). On dit aussi « peinture à l’huile ».

L’expression « En phase aqueuse » désigne celles qui se diluent à l’eau. On les appelle aussi « peintures à l’eau ».

Les peintures synthétiques : latex, latex-acrylique, alkyde…

Catégories :

  • Peinture se diluant au solvant organique :   peinture alkyde
  • Peinture se diluant à l’eau : peinture acrylique, vinyle, latex

Liants :

  • Pour la peinture se diluant au solvant organique : résine alkyde
  • Pour la peinture se diluant à l’eau : résine acrylique, résine vinyle

Solvants (diluants) :

  • Pour la peinture se diluant au solvant organique :   issus du pétrole
  • Pour la peinture se diluant à l’eau : eau et 5-15% de solvants issus du pétrole

Pigments :

  • D’origine pétrochimique ou minérale, souvent sources de COV, certains (teintes foncées) contiennent des métaux lourds.

Additifs :

  • Souvent des produits toxiques tels que biocides, fongicides, épaississants, etc.

Nature des ingrédients :

  • Presque tous sont issus de la pétrochimie ou de la chimie dite lourde (produits chimiques polluants et non biodégradables) et leur fabrication suscite une grande consommation d’énergie. Il est à noter que les produits à base d’eau contiennent toujours des solvants. Tous les ingrédients ne sont pas déclarés et plusieurs substances chimiques ne sont soumises à aucune règlementation. Même sans COV, les produits contiennent des solvants en quantité variable et plusieurs additifs toxiques.

Toxicité :

  • Peinture se diluant au solvant organique : odeurs fortes et toxiques, usage de solvant pour le nettoyage des outils, séchage plus lent.
  • Peinture se diluant à l’eau : nettoyage des outils dans l’eau entraînant le déversement de minuscules particules synthétiques non retenues à l’épuration d’eau, ce qui a pour effet une pollution des cours d’eau.

Déchets :

  • Les restants de peinture doivent être mis à la décharge des matières dangereuses.

Avantages :

  • Peinture se diluant au solvant organique : grand pouvoir d’adhésion, grand choix de teintes, grande résistance à la saleté (finis plus brillants), prêtes à l’emploi, les restants de peintures se conservent longtemps
  • Peinture se diluant à l’eau : sèche rapidement, odeur faible, grand choix de teintes, se dilue à l’eau, facile d’application, prête à l’emploi, les restants de peinture se conservent longtemps

Inconvénients :

  • Leur fabrication consomme de grandes quantités de matières premières non renouvelables et beaucoup d’énergie. Leurs composantes proviennent pour la plupart de la pétrochimie et de la chimie lourde, et créent des déchets toxiques. Elles forment un genre de film plastique qui ne laisse pas ou très peu respirer les murs, ce qui favorise les charges électrostatiques et donc attirent poussières et acariens.

Dans la fiche ABC sur la peinture, nous écrivons ceci.

« (…) Autant le dire tout de suite : il est TRES conseillé d’éviter la peinture à base alkyde (« peinture à l’huile »), souvent utilisée pour le fer forgé. Elle a bien sûr quelques avantages : elle sèche rapidement, est facile à poser, résiste bien aux taches. Mais elle a beaucoup trop de défauts ! La quantité d’énergie grise nécessaire à sa fabrication est très importante, elle est très polluante à fabriquer pour les ouvriers, et elle dégage beaucoup de composés organiques volatils lors de la pose et au-delà. Elle nécessite un solvant pour le nettoyage, sa durée de vie est moyenne... Et elle n’est évidemment pas biodégradable ! En comparaison, sa cousine pétrochimique la peinture à l’eau et au latex paraît presque écolo, puisqu’elle existe sans COV. C’est la peinture la plus couramment utilisée. S’il y a un choix à faire entre les deux, prenez celle-ci. Mais n’oubliez pas qu’elle contient souvent des polluants comme les phtalates, le téflon ou le glycol, que de nombreuses émanations toxiques se dégagent lors de sa fabrication, et que, comme pour sa cousine la peinture à l’huile, elle a nécessité beaucoup d’énergie grise lors de sa production, et n’est nullement biodégradable. »

Pour poser une question technique, adressez-vous à nos experts.