Santé Entretien et Qualité de l'air

Je me méfie des composés organiques volatils (COV)

Les COV sont partout! Armoires de cuisine, peinture, matelas… Pas facile de les éviter. Voici comment limiter les dégâts.

Composés organiques volatils (COV)
© Ooh_food, Creative Commons.

1. Les COV, qu’est-ce que c’est ?

Le butane, le propane, l’éthanol, l’acétone... mais aussi le formaldéhyde, le benzène, l’acétaldéhyde, le toluène, le tetrachloroéthylène, le xylène, l’éthylbenzène, les éthers de glycol... Tous ces noms barbares désignent des « composés organiques volatils » (COV), soit des substances issues des hydrocarbures qui se propagent dans l’environnement sans bruit et (souvent) sans odeur. Il existe également des COV naturels, comme le terpène, présent dans le bois.

Les COV affectent la qualité de l’air, de l’eau, la santé humaine (irritabilité, fatigue, asthme, cancers dans les cas extrêmes) et animale, émettent des gaz à effets de serre et contribuent notamment à la formation du « mauvais » ozone! Ces polluants se retrouvent notamment dans les matériaux de construction et de décoration. C’est à la maison qu’ils se concentrent le plus. L’air intérieur d’une maison peut être jusqu’à huit fois plus pollué que l’air extérieur. Une armoire de cuisine peut générer des émanations d’urée de formaldéhyde pendant... 5 à 7 ans ! Le gouvernement fédéral canadien a établi un règlement pour limiter la concentration en COV dans les « revêtements architecturaux ». Mais les mesures sont insuffisantes.

2. On trouve des COV partout!

Dans la peinture, les colles, les vernis, les panneaux d’armoires de cuisine, les meubles en aggloméré, les matelas et sommiers, les planchers flottants en bois d’ingénierie, les textiles, les produits de nettoyage, les rideaux, les tapis, les isolants (fibres de verre et laine de roche) en natte/en matelas...

3. Comment identifier les COV et comment... y échapper ?

Il n’y a pas encore d’étiquetage général des matériaux qui permette l’identification de polluants chimiques comme les COV. Certains COV se volatilisent assez rapidement (peinture), d’autres mettent des années (meubles). Votre marge de manoeuvre est limitée : il vous faut demander la fiche signalétique au magasin, et la décoder au mieux. Pour la peinture et les vernis, c’est assez documenté cependant : voir ici un document très complet sur la question.

Le meilleur moyen cependant de limiter leur présence est :

  • De se fournir au maximum auprès de certaines entreprises qui limitent le recours aux matériaux avec COV.
  • De faire les travaux l’été (peinture, isolation) : l’évaporation sera plus rapide.
  • De choisir des meubles en bois plein, notamment dans les cuisines et les salles de bains, ou de se procurer des placards usagés (au moins 5 ans d’âge) dont les COV se sont en partie ou totalement volatilisés (attention toutefois à la désagrégation de certains revêtements, vieilles peintures, etc). Les produits en aggloméré sont désormais disponibles sans urée-formaldéhyde, soit le composé le plus émissif. En revanche, de nombreuses colles restent problématiques dans les meubles en bois reconstitué.
  • De ventiler aussi longtemps que possible la maison neuve ou rénovée, avant installation. Faites tourner davantage l’échangeur d’air (VRC) pendant les quelques mois suivant l’installation
  • Ou de compartimenter la pièce concernée pendant les travaux, c’est à dire la sceller hermétiquement avec un polyéthylène pour empêcher la diffusion dans le restant de la maison, et organiser une évacuation directement avec l’air extérieur.

Merci à Emmanuel Merlière, de Synairgis  (Montréal), et à Aurélien Semach, étudiant en master de Risques en santé dans l'environnement bâti (RISEB) à l'Institut supérieur de la santé et des bioproduits d'Angers (ISSBA, France) .

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