Peintures et finis

Une peinture « sans COV » n'est pas forcément écologique !

Les écolabels et les mentions « sans COV » sont souvent trompeurs. Voici quelques explications.

Peinture « sans COV » ne veut pas dire « écologique »
© Artitropical, CC

La politique actuelle de réduction des émissions de composés organiques volatils vise à limiter le développement des peintures à base de solvants au profit des peintures en phase aqueuse comme les latex, les acryliques, etc.

De façon générale, les peintures synthétiques à faible teneur en COV ou sans COV sont aujourd'hui moins toxiques. Elles restent cependant essentiellement faites d’ingrédients issus de la pétrochimie, et contiennent d’autres matières (potentiellement) dangereuses pour la santé et l’environnement.

La plupart des fabricants ne donnent pas la liste intégrale des ingrédients composant leur produit ni sur l’emballage, ni sur la fiche technique. Le consommateur ne peut donc pas connaitre la composition exacte du produit acheté.

Les fabricants de peintures naturelles les plus conséquents indiquent sur une base volontaire la liste intégrale des ingrédients sur l’emballage. Ils n’utilisent pas d’ingrédients de la pétrochimie et de la chimie lourde. Ils évitent les matières dangereuses. Ils proposent des produits biodégradables, voire compostables.

Des précisions sur les composés organiques volatils

Les composés organiques volatils sont des polluants chimiques domestiques, ce sont des gaz à effet de serre. Le formaldéhyde, le benzène, le toluène, des alcools, des solvants organiques et les gaz combustibles (propane, etc.) sont les COV les plus courants. Ils peuvent provoquer des étourdissements, des nausées, la fatigue, et bien d'autres symptômes. Ils se retrouvent notamment dans les meubles, les panneaux d'agglomérés, les peintures et les produits ménagers. Ils sont donc à limiter voire à bannir de nos espaces de vie.

Saviez-vous qu’il existe deux types de COV ?

Sur le plan strictement chimique, les composés organiques volatils sont composés de carbone et d'hydrogène, pouvant facilement se trouver sous forme gazeuse dans l'atmosphère.

  • Les COV anthropiques : proviennent du raffinage, du transport, des solvants industriels, des procédés chimiques, des déchets de l’agriculture, etc.
  • Les COV naturels : proviennent des émissions par les plantes, les forêts, les fermentations, etc.

Attention, les uns comme les autres peuvent être nocifs à votre santé.

Selon Environnement Canada, les sources anthropiques de COV dans les régions fortement peuplées et industrielles restent la principale cause des problèmes de qualité de l'air.

Les COV naturels existent depuis toujours et sont indissociables de la vie. Notre planète s’en est accommodée pendant des millions d’années, beaucoup d’entre eux étant naturellement biodégradés par les bactéries, les champignons, les plantes, les UV ou l’ozone. C’est l’activité humaine et notamment les COV anthropiques qui sont venus rompre cet équilibre.

En insistant sur le « zéro COV » l’industrie cherche à faire oublier toutes les autres composantes nocives présentent dans la composition de ces produits. Lisez à ce sujet notre enquête sur l’étiquette trompeuse « sans COV » qui orne de nombreux pots de peinture ! 

Peinture : gare aux écolabels !

Il existe plusieurs écolabels dans le secteur des peintures. De manière générale,  les peintures certifiées sont plus respectueuses de l’environnement que d’autres, même si elles ne sont pas forcément exemptes de certains produits synthétiques issus de la pétrochimie. Encore faut-il que les exigences d’un label spécifique soient contrôlées de manière indépendante par une tierce partie.

Parallèlement aux écolabels, les réglementations nationales  établissent aussi des critères qui limitent la toxicité des produits mis sur le marché. Ces critères sont plus ou moins sévères selon les pays.

Certains fabricants de peintures naturelles ne souhaitent pas obtenir de certification : ils disent refuser de participer à un système qui, selon eux, manipule l’opinion publique.

Sans compter l’aspect financier. Les programmes des écolabels sont certes volontaires, mais ils ne sont pas gratuits. C’est à la fois beaucoup de temps et d’argent qu’investissent les fabricants afin d’obtenir  des certifications. L’option est donc favorable aux grands fabricants, qui se limitent souvent à un ou quelques produits respectant le cahier des charges d’un écolabel  donné. Les petits fabricants, qui pourraient  pourtant être certifiés pour tous leurs produits, laissent tomber parfois, faute d’argent.

Conclusion

Il existe de nombreuses marques et types de peintures sur le marché.  Chacune d’entre elles a sa propre composition, il est donc impossible de toutes les comparer. Un choix judicieux de peinture doit d’abord tenir compte du type de pièce et du support sur lequel la peinture sera appliquée. Assurez-vous de préparer le support avec des produits compatibles avec le matériau du support et avec la finition choisie.

Pour épargner votre santé et l’environnement, optez pour des peintures et des matériaux de finition écologiques, constitués principalement de matières premières minérales ou végétales renouvelables et inépuisables. Ces produits de finition ne contiennent aucun solvant, consomment très peu d’énergie à leur fabrication, et sont biodégradables et/ou écocompatibles.

Et pour se faire rapidement une idée du sujet, vous pouvez lire notre fiche ABC sur les peintures ici.

Pour découvrir des fabricants de peintures écologiques et naturelles, voyez ici notre annuaire.

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