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Pourquoi et comment valoriser les matières organiques résiduelles ?

Introduction à la collecte sélective des déchets organiques

Pourquoi et comment valoriser  les matières organiques résiduelles
© net_efekt, Creative Commons.

Les matières organiques résiduelles sont aussi appelées matières compostables ou putrescibles, et sont définies par Recyc-Québec comme « tout résidu qui se putréfie et se décompose sous l’action de micro-organismes ». Pour le secteur résidentiel, cela concerne tous les résidus de table et de jardin qui garnissent nos poubelles. Les boues provenant de nos usines d’épuration des eaux usées ainsi que de nos fosses septiques font également partie de ces matières organiques provenant du secteur résidentiel. Selon Recyc-Québec, « ces matières organiques représentent 44 % des résidus générés par les Québécois, soit une moyenne de 184 kg par personne par année ».

Composition des matières résiduelles du secteur résidentiel
Composition des matières résiduelles du secteur résidentiel (sans les boues) (CRD : Construction, Rénovation, Démolition ; RDD : Résidus domestiques dangereux) (http://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/Upload/Publications/MICI/Rendez-vous2009/Caract-sect-res-lp.pdf (p.8) )

Selon ce que l’on sait désormais sur les différents rendements de substrats pour la biométhanisation, la production de biogaz est de l’ordre de 75 m3 par tonne de déchets ménagers lien page 2Ainsi, la digestion anaérobie des déchets ménagers d’un individu serait potentiellement capable de produire 13.8 m3 de biogaz par année. Ce volume équivaut à 91 kWh, soit près de la moitié de ses besoins annuels pour la cuisson.

La biométhanisation  n’est donc pas un apport suffisant pour les foyers familiaux ordinaires et il est peu probable que l’on soit amené à traiter nos matières organiques par biométhanisation directement dans nos foyers. Il est néanmoins possible pour les passionnés ou les grands curieux de produire une faible quantité de biogaz à des besoins de démonstration ou encore d’économiser l’usage de gaz naturel ou de bois pour les grillades d’été[1].

Par ailleurs, la biométhanisation doit passer après d’autres modes de tri sélectif. L’ensemble des moyens mis en œuvre pour la collecte et le traitement des matières résiduelles est coûteux et polluant. Il est important de penser à réduire la quantité de déchets que l’on envoie à la collecte, et de bien les trier. D’autre part, les lieux d’enfouissement posent de nombreux problèmes environnementaux, en grande partie attribués à la présence de matières organiques qui se dégradent et provoquent l’acidification du milieu et la génération de méthane, qui, rappelons-le, est un gaz à effet de serre puissant.

Recyc-Québec résume très bien ces problèmes environnementaux liés aux lieux d’enfouissement. A lire jusqu’au bout !

 « Les acides générés par le processus de décomposition voyagent avec le ruissellement de l’eau provenant de la pluie, de la neige et des  résidus organiques fortement  concentrés en eau. Sur son chemin, cette solution acide peut dissoudre des contaminants solides, comme des métaux lourds, et ainsi contaminer le lixiviat (liquide qui résulte de la percolation), qui s’écoulera des  lieux d’enfouissement et se déversera dans les plans d’eau souterrains ou de surface. La génération de biogaz est également un problème important associé à l’enfouissement des matières organiques. Compactés, les résidus alimentaires, les résidus verts et toutes les autres matières organiques enfouies se décomposent en situation anaérobie, c’est-à-dire en l’absence d’oxygène. Ils génèrent alors du biogaz composé principalement de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) (gaz explosif), qui contribuent à l’effet de serre. Ils sont  également la source d’éléments traces tels que des composés azotés et soufrés, responsables des pluies acides, ainsi que de composés organiques volatils (COV). La contribution des matières résiduelles au bilan total des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec est évaluée à près  de 5.0 mégatonnes d’équivalents CO2 (5,9 %). L’enfouissement des matières organiques est le principal responsable des émissions de GES pour ce secteur. La mise en valeur des matières  organiques constitue donc un vecteur important de la lutte contre les changements climatiques. »[2]

Il importe de réduire à la source ses déchets organiques qui vont à la collecte. Comment ? Grâce à la réutilisation directe : l’herbicyclage par exemple, qui consiste à laisser le gazon sur place après la tonte, et permet de fertiliser sa pelouse ainsi que la protéger de certaines maladies. Grâce au compostage domestique, également, qui permet de dégrader la matière organique à faible coût et sans technologie particulière, et en plus d’obtenir une matière très fertilisante (même si vous habitez en appartement, le lombricompostage est une excellente solution de gestion de vos matières résiduelles organiques). Enfin, grâce aux services de collecte des matières résiduelles organiques que de plus en plus de municipalités développent. A Montréal, par exemple, ce service est déjà offert à 18 700 logements dans la zone Est, et 14 051 logements dans la zone Ouest, et devrait continuer à s’implanter. Il est important de se renseigner sur cette possibilité afin de séparer ses résidus organiques du reste de ses matières résiduelles.

 

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