Outres les systèmes de traitement municipaux et individuels, il en existe des moins connus : les systèmes semi-collectifs. Groupés, en grappes ou communautaires, ces modes d’assainissement présentent de nombreux avantages, mais sont peu répandus du fait d'un manque d’information et d’encadrement les concernant. Le sujet est tellement vaste qu’il mériterait un dossier à lui seul (nous y travaillons!). Mais voici tout de même un bref aperçu de ces systèmes.

D’ordre général, lorsqu’une résidence n’a pas accès au réseau municipal, elle doit se construire une fosse septique individuelle. L’impact que cela implique pour le milieu naturel environnant est lourd. Pour une maison de six chambres, la superficie disponible du terrain récepteur de l’élément épurateur doit être d’un minimum de 360 m2 et être éloigné de la maison.

Pour un développement de cinq maisons isolées, un lot minimal de 1 800 m2 leur sera consacré, soit près de 20 000p2... Ce qui est considérable! L’idée de la construction en grappe, en somme, est de prouver qu’une fosse, qu’elle soit adaptée à une capacité de six chambres pour une seule grosse maison, ou pour six chambres réparties dans trois ou quatre maisons, fonctionnera aussi efficacement, tout en prenant nettement moins d’espace. 

En milieu rural, le traitement semi-collectif allie les avantages des traitements municipaux tout en diminuant les coûts d’infrastructures et d’entretien des systèmes individuels.

Avantages des systèmes septiques semi collectifs :

  • Diminution de la taille des lots
  • Augmentation de la densité
  • Réduction du nombre d’installations et équipements requis
  • Réduction de la gestion nécessaire (les propriétaires sont déchargés de la responsabilité d’entretien à l’égard de l’installation)
  • Réduction des coûts d’installation
  • Diminution des risques de défaillance et de pollution
  • Plusieurs aides financières disponibles

Dans ce cas, pourquoi ces systèmes sont-il si peu répandus? De nombreuses raisons peuvent expliquer ce développement problématique : manque d’information et de sensibilisation, absence de norme, critère ou certification en matière de planification de projet, etc. En effet, il est possible de construire une fosse septique commune, mais d’ordre général, les démarches sont fastidieuses, très coûteuses et à refaire pour chaque nouveau projet.

Désavantages des systèmes septiques semi collectifs :

  • Nécessite l'obtention d'une autorisation auprès du MDDELCC
  • Obligation d’obtenir la signature d’un bureau d’ingénierie
  • Démarche spécifique, non reproductible à l’heure actuelle
  • Demande de créer un accord avec la municipalité pour déterminer la responsabilité de la gestion du système de filtration

Tous les éléments des études techniques menées sur ce sujet, disponibles sur le site du ministère, laissent entrevoir un futur prolifique pour l’assainissement communautaire. Cependant, depuis 1996, aucun règlement ne l’a clairement poussé ni facilité.

Les projets de type semi-collectifs ont maintenant accès à une solution septique

En 2019, la compagnie québécoise DBO Expert a obtenu une fiche technique du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour une solution de déphosphatation et désinfection passive pour les regroupements de maisons, semi-collectifs, petites communautés, campings, hôtels, et ce, même en zone sensible. C'est la seule installation septique au Québec avec une fiche technique pour une solution de traitement passif en désinfection et déphosphatation.

Pourquoi dit-on que le système est passif ? Car il ne nécessite pas le recours à des électrodes, ou de lampe UV. Le traitement de l'installation System O)) en déphosphatation et désinfection passive permet de réduire plus de 99 % du phosphore et jusqu’à 99,5 % des pathogènes présents dans l’effluent de la fosse septique. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur le fonctionnement des systèmes de traitement des eaux usées.

La chaîne de traitement tertiaire System O)) en déphosphatation et désinfection passive est applicable pour les projets dont le débit annuel est supérieur à 3 240 L/jour au Québec, ou pour tout regroupement de résidences isolées dont le nombre de chambres à coucher combinées est égal ou supérieur à 6.

Quels sont les coûts ? Ce système est abordable (les coûts à l’achat et les frais de suivi annuels sont compétitifs), et ne demande qu’un entretien minimal (le changement du substrat est prévu à tous les cinq ans ou plus, selon l’utilisation).

Pour en savoir plus