CHAUFFE-EAU © Giant

Chauffe-eau, dégâts, assurances: êtes-vous couverts ?

Si votre chauffe-eau a plus de 10 ans, votre compagnie d’assurance ne le couvre probablement plus! Et ça pourrait vous coûter très cher.

Écohabitation 27 août 2018 12:17
Lydia Paradis Bolduc

Fabrication avec de faibles standards de qualité, installation non-certifiée, teneur élevée en fer dans l’eau… Pour de nombreuses raisons, la durée de vie des réservoirs à eau chaude n’est pas toujours très élevée. Ce qui explique, en partie, le fait que les dégâts d’eau causés par les chauffe-eau soient aussi nombreux.

Résultats ? La majorité des compagnies d’assurance demande à leurs assurés de changer l’appareil après 10 ou 12 ans, sans quoi ils devront payer la note en cas de sinistre, ou une franchise de 5 000 $. 

Pour continuer à bénéficier de leur protection, il vous faudra donc changer votre chauffe-eau après l’âge de couverture, et ce, même s’il fonctionne encore très bien. 

On comprend les assureurs: les dégâts d’eau constituent la principale cause de réclamation auprès des assureurs en habitation au Québec. En fait, selon le Bureau d’assurance du Canada (BAC), ces dommages représentent 50 % des montants des réclamations versés, et les chauffe-eau sont souvent responsables!

Évidemment, les modalités changent selon les assurances. Abby, chez TD Assurance, nous assure que l’entreprise ne demande aucun âge limite pour les chauffe-eau. Chez Industrielle Alliance, la limite est fixée à 10 ans. Mais la plupart exige un remplacement des réservoirs à eau chaude après 12 ans.  

Des garanties très variables

Ici, les distributeurs et les assureurs ne s’entendent pas. Les compagnies limitent pour la plupart l’espérance de vie à 12 ans alors que des fournisseurs offrent des garanties de leur produits allant jusqu’à 15 ans.

© Energie 18-18 inc.

Nous avons même déniché un chauffe-eau qui annonce une durée de vie garantie de 40 ans! Car le réservoir du chauffe-eau d’Énergie 18-18 inc., conçu et fabriqué au Québec, est construit en acier inoxydable. Il ne produit donc pas de rouille, ne se perce pas. Le premier chauffe-eau que M. Perciballi, le fabricant, a élaboré en 1982, est celui qu’il utilise toujours à la maison!

Que pensent les compagnies d’assurance de ce produits? Sont-elles prêtes à réviser leurs garanties? Josée Séguin chez DPJL Service VIP a posé la question à Intact Assurance. Voici ce qu’ils lui ont répondu: 

« Il n’y a actuellement aucune expertise indiquant la durabilité de ces réservoirs, étant donné qu’il n’y en a pas d’assez âgés installés. On ne peut donc en faire la vérification. De nouvelles vérifications seront sans doute apportées à ce sujet d’ici quelques années et des normes spécifiques pourraient alors être appliquées ». Intact Assurance.

Pour le moment donc, on appelle directement sa compagnie d’assurance pour en savoir plus. Il est possible qu’aucun passe-droit ne vous soit accordé, mais certaines compagnies pourraient vous donner un rabais sur la prime d’assurance. Un client d’Énergie 18-18 inc. a par ailleurs eu droit à une remise de 200 $ après avoir installé un de leur chauffe-eau. 

Fin de vie utile 

Outre la durée exigée par les assurances, comment peut-on savoir si son réservoir est arrivé à sa fin de vie utile?

  1. On recherchera premièrement les signes de rouilles. Si l’eau dans votre verre est teintée, ou que vos vêtements pâles ressortent tachés, votre cuve contient probablement de la rouille. Il faut la changer.
  2. Autre signe que le chauffe-eau tire à sa fin ? La quantité d’eau chaude est moins importante.
  3. Finalement, si vous trouvez des traces d’humidité sur le réservoir, c’est également un signe qu’il est temps de le changer. 

Attention. Si vous voyez de la rouille dans le bas du cylindre, il y a probablement une fissure dans le réservoir, et il faudra changer l’appareil au plus vite avant que l’eau ne s’en écoule !

Et pour connaître l’âge réel de son appareil? Il suffit de regarder sur la plaque collée sur l’extérieur du réservoir.

En cas de problèmes avec ses assurances, on fait quoi ?

Pour un litige à propos d’un chauffe-eau, ou pour régler n’importe quel problème avec ses assurances (refus d’indemnisation, désaccord, exclusions au contrat, etc.), diverses options sont possibles : 

  1. Appeler le service à la clientèle de son assureur. La majorité des différends se règlent ainsi. Pour en savoir plus, contacter le Centre d’information sur les assurances du Bureau d'assurance du Canada (BAC).
  2. Envoyer une plainte écrite à l’assureur. Ici encore, on contacte le Centre d’information sur les assurances du BAC si on veut en savoir plus sur nos droits et nos recours, ou encore pour se faire accompagner dans la procédure.
  3. Porter plainte auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) ou y faire transférer notre dossier. L’AMF offre un service de traitement des plaintes. Il évaluera alors la possibilité pour les deux parties de régler le tout en médiation (à l’amiable). Mais pour ce faire, votre compagnie d’assurance doit collaborer. Sans quoi, il reste l’option 4.
  4. Porter sa cause devant les tribunaux. Pour un montant maximum fixé à 15 000 $, il est possible d’aller à la Cour des petites créances. 

Bonnes pratiques 

Tout électroménager utilisant de l'eau est susceptible de fuire un jour où l'autre.

Comment s'assurer de ne pas être surpris par les dégâts d'eau? Le système NOWA 360® de la compagnie Inflotrolix répond à cet enjeu: ce détecteur sans fil, que l'on pose dans les zones à risque, tel que près du chauffe-eau, le saura pour vous.

Dès qu’une fuite d’eau se produit, le détecteur relaie le signal à l’unité de contrôle et en moins d’une seconde, l’unité de contrôle déclenche la fermeture de la valve électrique installée à même l’entrée d’eau principale. Très pratique en cas d’absence! Une belle option également pour les bâtiments multilogements en copropriété : la hantise d'écoper de l'eau venant du voisin du dessus n'est plus d'actualité avec ce détecteur-contrôle.

La certification LEED V4 demande pour sa part que soit installé dans toute nouvelle construction un drain de plancher avec bac de rétention, ou une pente de plancher vers le drain, pour le chauffe-eau. 

Notez que la loi vous permet de remplacer vous-même le chauffe-eau, mais du point de vue des assurances, vous devrez assumer les frais de franchise en cas d’accident. Il se pourrait même que votre assureur vous refuse un renouvellement de contrat. Contacter un plombier est donc un bon choix!

Vous voulez tout de même le changer seul? L’installation étant régie par des normes contenues dans le Code de construction du Québec, assurez-vous de bien les connaître (par exemple, seul le propriétaire résident peut effectuer le travail).

SOURCES

POUR EN SAVOIR PLUS

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