Chalet GRAND-PIC. Architecture: APPAREIL architecture. Photo: Félix Michaud

Le coût réel des revêtements de toiture

Écohabitation vous présente les meilleurs choix à effectuer au niveau des revêtements de toiture dans une perspective économique et écologique.

Écohabitation 10 juillet 2018 13:15

Plusieurs facteurs doivent être envisagés afin de comprendre l’impact réel d’une toiture sur l’environnement. Il est important de se questionner sur la durabilité des matériaux, leur provenance, leur procédé de fabrication et l’entretien qu'ils requièrent. Les réponses à ces questions vous guideront certainement vers le choix le plus écologique!

Avant de commencer, notre meilleure recommandation: fuyez les bardeaux d’asphalte! Ils sont les moins écologiques et les moins durables de tous les revêtements de toit. Issus du pétrole, polluants et d’une durée de vie très limitée (plus ou moins 15 ans)*, ils possèdent une forte énergie grise. En plus, ils contribuent aux îlots de chaleur! Leur coût semble, au premier abord, intéressant: entre 5 et 7 $ du pied carré (installation comprise), Mais il équivaut plutôt à 35 $ du pied carré sur une période de 60 ans.

N.B. Les prix mentionnés dans cette section n’incluent pas les travaux accessoires: retrait de l’ancienne toiture, réparations, remplacements des sous-couches et des isolants, etc.

Études comparatives

 

Revêtements de toitures

Superficie = 1m2

Bardeau d’asphalte

Tôle

Durée de vie (années)

15*

+ de 50

$/p2 (installation incluse)

 7

10

* L’estimation de la durée de vie des bardeaux d’asphalte est basée sur l’information tirée des portails de
Trouveruncouvreur.ca, Toitures Alto et Toitures Aubin

 

Consultez l'étude ANALYSE PREVISIONNELLE DE DIFFÉRENTS CHOIX DE REVÊTEMENTS, réalisée par Écohabitaiton.

 

Analyse des différents revêtements

1. Les toitures en pente

LES TOITURES EN MÉTAL (ACIER PEINT OU GALVANISÉ)

Quoique leur énergie grise soit élevée (extraction minière et fabrication polluante), les toitures en métal résistent très bien aux intempéries et contiennent généralement un haut pourcentage de matières recyclées. Elles ne nécessitent aucun entretien particulier* et comme le matériau est inerte, il n’engendre aucune émanation toxique. C’est excellent! 100 % recyclable en fin de vie, le métal ne sera rendra probablement jamais au site d’enfouissement. C’est pourquoi il est le revêtement de toiture à pente préféré d’Écohabitation.

En plus, un bricoleur averti peut aisément poser la tôle lui-même, si la toiture n’est pas d’une grande complexité (sans corniches ni lucarnes). Il est possible de mettre la tôle directement sur les bardeaux existants, s’il est encore en bon état et bien étanche. Suffit de commander les tuiles ou les feuilles de tôles en usine, elles seront précoupées et prêtes à être vissées. On recommande de prépercer les tuiles avec une mèche au niveau du sol avant de les monter au toit. On peut même en percer plusieurs en même temps.

En construction neuve, on ne pourra toutefois bénéficier des garanties des maîtres couvreurs si on pose la tôle soi-même.

ACHETER: Les principales compagnies sont Duchesne, MAC Architectural Metal, Toitures Idéales, Toitures Multi Métal, Vicwest

*Sur 60 ans

LES TOITS EN BOIS (BARDEAUX DE CÈDRE, DE MÉLÈZE)

Très résistant à l’humidité et imputrescible, le toit de bois est peu sensible aux vents et possède une très faible énergie grise. Par contre, il faut le teindre tous les 5 à 15 ans selon le type de fini, et il peut fendiller en cas de grêle. Sa pose demande beaucoup de savoir-faire et l’aide d’un couvreur représente un coût non néligeable. Ce genre de toit est donc généralement réservé aux plus manuels, sur leur propre maison.

ACHETER: Les compagnies sont très nombreuses, souvent des filiales de MAIBEC. Informez-vous aussi auprès des scieries de votre région et dans les cours à bois!

LES TOITS COMPOSITES (PNEUS RECYCLÉS)

Les toits en pneus recyclés sont imputrescibles, résistent aux intempéries et aux insectes. Ils ne nécessitent pas d’entretien. Toutefois, leur installation est relativement longue, le matériel est difficilement recyclable et il y a très peu d’installateurs spécialisés au Québec.

ACHETER: la marque Enviroshake, dont l’apparence est semblable à celle des bardeaux de cèdre, contient 95 % de polymères (dont des pneus) recyclés, ainsi que des fibres de lin et de chanvre. En 2001, ce produit a remporté le prix d’excellence canadien pour l’innovation agroalimentaire décerné par Agriculture Canada, car il favorise l’utilisation des plastiques habituellement jetés et des déchets agricoles plus difficiles à écouler.

2. Les toitures plates

LES TOITS EPDM ET TPO

Idéales pour toits plats, ces toitures sont résistantes et disponibles en blanc, ce qui contribue à réduire les îlots de chaleur urbains. Elles sont imputrescibles et résistent aux intempéries et aux insectes, et ne nécessitent pas d’entretien. Par contre, elles font partie des toitures issues du pétrole (en caoutchouc synthétique pour la EPDM et forme de vinyle issu de gaz naturel et de chlore pour la TPO). Leur impact environnemental est donc élevé, mais elles sont considérées comme moins polluantes que les bicouches élastomères vu leur faible épaisseur. Elles nécessitent d’être posées par un spécialiste.

LES TOITS EN MEMBRANE ÉLASTOMÈRE

Plus résistant pour les toits accessibles que les monocouches (TPO, EPDM), il est idéal comme étanchéité sous un toit vert, et peut également venir en blanc. L’élastomère peut être recyclable, mais n’est pas recyclé au Québec, et, tout comme les bardeaux, son énergie grise est très élevée.

LES TOITS EN FIBRE DE VERRE

Option beaucoup plus dispendieuse que les deux premières, mais plus durable, elle peut être posée sur une toiture à pente inversée. Elle libère des COV, n'est pas recyclable et possède une toxicité pire que les autres membranes vues ci-haut, mais sa longue durée de vie en fait un choix acceptable pour les toits à très faibles pentes.

UN MOT SUR LES TOITS VERTS

Utiles à l’échelle urbaine, ces îlots de verdure présentent aussi des avantages pour leurs propriétaires : augmentation du confort, éventuelles économies d’énergie… Un investissement qui peut se révéler intéressant. Un toit végétalisé, ou toiture verte, tempère un bâtiment de manière efficace, agissant comme une zone tampon, climatisant l’été et isolant l’hiver. Au confort apporté s’ajoutent les économies d’énergie, l’isolation acoustique, la prolongation de la durée de vie de la toiture et éventuellement, l’agrément d’une belle terrasse.

Le toit végétalisé bloque les UV, combat également les îlots de chaleur, réduit le ruissellement des eaux de pluie et l’engorgement des égouts. Avec ses plantes et son substrat plus ou moins épais, il capte les poussières volatiles, augmente les surfaces urbaines de culture et offre de nouveaux habitats pour les oiseaux, papillons et abeilles. De plus, il prolonge la durée de vie des toitures.
En somme, une installation écologique vraiment intéressante!

Ne pas oublier de se référer aux règlements municipaux, qui peuvent être restrictifs selon le type de bâtiment. Pour en savoir plus, voir notre dossier en ligne sur les toits verts.

 

Un projet soutenu financièrement par
RECYC-QUÉBEC par l'entremise du Fonds vert.

 

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