L’arrivée de l'été est pour plusieurs synonyme de BBQ, apéro et... terrasses ! Apprenez ci-dessous comment :

  • Répondre aux exigences municipales et obtenir les permis nécessaires;
  • Créer une structure de base solide : piliers de ciment (sonotubes), pieux vissés, deck block;
  • Choisir le bon matériaux : pruche, cèdre, bois traité ou planches en composite;
  • Opter pour des stratégies de durabilité : hourra pour la longévité ! 
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Un permis

La première étape dans la construction d’une terrasse est de ne pas se mettre la loi... ou les voisins, à dos ! Déterminez d'abord où se trouvent les limites exactes de votre terrain. Ensuite, selon la municipalité, un permis pourrait être nécessaire : preuves des limites du terrain et schéma de la terrasse à l’appui. Passez donc un petit coup de fil à votre municipalité afin de connaître leurs exigences, cela pourrait vous éviter bien des tracas.

Une base solide

© DIY Chat room

Les terrasses peuvent bouger pour différentes raisons, mais principalement à cause des cycles de gel/dégel. C’est pourquoi il est recommandé d’enfouir la base à plus de 4 ou 5 pieds. Ainsi, le gel n’affectera pas les pilons. Cette étape peut être réalisée par vous-même plutôt facilement.

  • Creusez à la pelle ou à l'aide d'une tarière mécanique à gaz (on peut la louer)
  • Déposez un sonotube de carton au fond du trou
  • Nivelez
  • Remblayez
  • Procédez au mélange du béton (de préférence avec du ciment portland GUL ou avec ajouts cimentaires)

Attention. L'argile a une tendance à se dilater et à se rétrécir en fonction de sa teneur en humidité. Si vous construisez sur un sol qui en a une forte teneur, la terrasse pourrait être affectée par les fortes pluies et les longues périodes de sécheresse.

Lits rocheux

Si vous tombez sur un lit de substrat rocheux, c’est une bonne chose. Prenez garde : un gros cailloux n’est pas nécessairement un lit de substrat, quoique si vous frappez dessus et qu’il semble vraiment très solide, le fond de celui-ci est probablement sous la ligne de gel, auquel cas vous pourrez ériger la terrasse en l'utilisant comme base.

Pieux vissés

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Les pieux sont vissés dans le sol, encore sous la ligne de gel, et servent de structure. Efficaces pour construire une terrasse, il suffit de veiller à ce qu’ils soient bien au niveau. On peut s’en procurer dans tout magasin de rénovation à grande surface et ils possèdent normalement un trou qui permet d’utiliser un 2x4 comme levier.

Attention toutefois : comme ils ne sont pas aussi larges que les sonotubes, la marge de manœuvre est plus limitée. Si votre sol est très rocailleux, il est préférable de faire appel à un professionnel, qui en fera la pose, sous les 200 $ du pieux, dans la plupart des régions.

Deck blocks (ou pattes d'éléphants)

© installme.info

Au lieu d’être enfoncée sous la ligne de gel, la structure est ici « flottante », déposée directement sur le sol. C’est un moyen plus simple et moins coûteux de construire la terrasse, mais il peut être plus exigeant de garder le tout parfaitement au niveau, et cela pourrait demander plus d’entretien au fil du temps, le risque de tassement étant élévé.

Pour plus de durabilité, on peut isoler les blocs contre le gel. Il suffit de poser un panneau rigide sous la terrasse et autour des fondations et de recouvrir le tout de pierres concassées. Pour plus de durabilté, mieux vaut mettre des sonotubes ou des pieux vissés sous le niveau du gel. 

Choisir son bois

Le bois traité est aujourd’hui moins toxique qu’il ne l’a déjà été, mais son impact environnemental est tout de même moins bénin que celui du bois naturel. Son traitement ne pénètre pas profondément dans le bois et les bouts coupés laissent une surface non-protégée. Il est préférable d’utiliser des produits parmi les suivants, tant pour l’impact environnemental que pour la durée de vie. 

© deckottawa.com

Le cèdre et la pruche

Le cèdre est de loin le matériel non traité le plus commun. Il vient généralement en planches de 1,25" d’épaisseur. Il peut être laissé brute, mais une légère coloration augmentera sa durabilité tout en réduisant ses chances de devenir gris sous l’exposition des rayons UV.

Le cèdre rouge possède des caractéristiques naturelles anti-pourritures, mais son prix est élevé. Il est préférable d'opter pour le cèdre blanc plané, disponible dans les scieries spécialisées

Le cèdre n'est par contre pas idéal pour la structure. La pruche est un meilleur choix : c'est un bois très fort et très durable lorsque protégé de l’humidité. Ce type de terrasse, un mélange de cèdre et pruche, pourrait bien durer plus de 20 ans s'il est bien entretenu !

Le bois Yakisugi, généralement fait de planches de cèdre ou de mélèze, est un bois brûlé selon une méthode nippone ancestrale. Appelé Shou-sugi-ban (焼杉板), il est très durable et peut aussi s'avérer une option intéressante.

Les planches en matériaux composites

Elles sont faites de plastique recyclé et ont une vague allure de bois (oui, elles sont très facilement différenciables). Elles viennent en différentes couleurs, nécessitent peu d’entretien et leur durée de vie est beaucoup plus élevée que celle du bois, car l’eau ne les endommage pas. Pour enlever les égratignures et moisissures, un lavage à haute pression devrait suffir. Les matériaux composites sont pour cette raison une excellente alternative au bois utilisé sur les terrasses (pour les boîtes de jardinage, les tables ou les bancs, par exemple).

Cependant, le bois de la structure sous les planches en composites est sensible à l'eau*. Les mesures de durabilité présentées plus bas sont donc à appliquer dans ce cas-ci également (et avec plus de soin) si vous ne voulez pas une belle terrasse sur une structure pourrie ! Aux mesures de durabilité présentées, on peut ajouter l'option de la sous-structure galvanisée, et l'utilisation de vis en acier inoxydable (elles ne rouilleront pas).

*Les planches en matériau composite ne peuvent être utilisées pour la structure… et elles sont beaucoup plus dispendieuses !

Les bois tropicaux

Quoique très durables (ex : bois d'Ipé), le marché pour ce type de bois participe à la destruction des forêts tropicales. Écohabitation recommande de les éviter et de s’en tenir au bois canadien.
 

10 trucs et astuces pour augmenter la durabilité 

© Ecohome

1. Couvrez vos solives

Un bois mouillé n’est pas un problème, en autant qu’il puisse sécher ! L'important est donc d’éviter une eau stagnante sur le bois. C’est pourquoi nous sommes de grands amateurs des larmiers – en métal, élastomère ou de type pare-intempérie (membrane pare-air collée) – posés sur les solives, sous la plateforme. Ils permettront à l’eau qui atteint le dessus des solives de s’égoutter. Attention au choix de couleur, les membranes seront légèrement visibles entre les planches.

2. Créez des espacements

Ils sont nécessaires entre les planches à des fins de drainage, mais également pour éviter l’accumulation de débris. Partant de l'hypothèse que les planches rétrécieront avec le temps, certains constructeurs installent les planches de manière très serrée. Mais ce n'est pas toujours le cas, et si vos planches sont très sèches, elles pourraient même au contraire prendre de l’expansion sous l’exposition de la pluie et de l’humidité. Avec un écart trop restreint, la saleté mélangée à l’eau risque d’obstruer les espaces et ainsi retenir l’humidité.

On conseille donc d’espacer convenablement les planches dès le départ : un espacement de la largeur d’une tête de vis à terrasse devrait suffire.

3. N'enfoncez pas trop les vis

Si vous les enfoncez trop, des minuscules réservoirs d'eau pourraient être créés. Mieux vaut laisser la tête de la vis au ras du bois.

4. Vissez par le dessous et posez des coins de fer blanc

© Langevin Forest

Cette procédure exige un effort supplémentaire, mais les résultats sont visuellement intéressants, les vis étant cachées sous les planches. Un support en métal est vissé sur le côté de la solive et sous la planche. Attention, cela ne permet pas d'éviter les problèmes d’eau stagnante au niveau des vis. Pour s'assurer d'avoir assez de chair pour la vis, il faudra utiliser des planches en 2x4 ou 2x6 au plancher (sans quoi vous pourriez passer au travers la planche !).

5. Installez des solives doubles aux jonctions

Il y aura toujours un léger écart là où les planches se rencontrent, permettant ainsi à l’eau de s’écouler et d'atteindre le dessus des solives. Une manière d’éviter ce problème est de construire une base à deux solives, avec un écart entre ces dernières. Cela prendra plus de planification puisque vous devrez déterminer à l’avance l’endroit où se trouveront les jonctions, mais cette méthode augmentera considérablement la durabilité de la structure.

Solives doubles au jonction, pour drainage efficace © Ecohome

N.B. Le bout des planches est beaucoup plus vulnérable à l’absorption de l’eau. Les jonctions sur les vieilles terrasses sont toujours les endroits à refaire en premier !

6. Utilisez du treillis métallique pour stuc

Ils garderont les nuisibles (ratons laveurs, mouffettes et la plupart des animaux) à distance.

7. Consultez la météo

Selon la saison, le temps de séchage variera pour l’application des teintures et produits de protection, et d'ordre général, la température ne peut descendre sous zéro lors de l’application. Il faut vérifier sur l’étiquette les recommandations en termes de températures et de délai.

8. Regardez le grain du bois

Si les anneaux de croissance du bois sur le dessus de la planche ont une forme convexe plutôt que concave, le grain pourra en théorie repousser l’eau de la surface du bois. Rappelons-nous qu’éviter une eau stagnante est synonyme de durabilité !

9. Évitez de connecter la terrasse à la maison

C’est ici que la plupart des travaux tournent au vinaigre. On vous conseil d'ériger une terrasse complètement indépendante du bâtiment (avec des sonotubes près de la paroi). Cela évitera que la structure de la maison ne soit affecter si la terrasse bouge. 

Si vous voulez la relier, il faudra prendre des mesures appropriées afin d’éviter les trous béants dans l’enveloppe… trous qui pourraient accueillir l'eau, l'air et les fourmis charpentières. Une fois le revêtement de mur extérieur coupé, il faudra poser un larmier de métal sous le revêtement qui transportera l’eau loin des solives de rive boulonnées au mur. Des carrés de membrane élastomère étanche pourront être placés derrière la solive en contact avec la paroi, ce qui empêchera l’eau de pénétrer dans le trou créé par le boulon.

Bref, bien du tracas inutilement. 

10. N'oubliez pas la pente

Finalement, n'oubliez jamais l’importante d'une pente de 2 %, qui permettra de drainer l’eau dans la bonne direction (loin des fondations de la maison). La structure déterminera la pente et le platelage suivra simplement l’angle créé.