Collecte d’eau de pluie dans l’Ohio Collecte d’eau de pluie dans l’Ohio. © Chiot’s Run, CC

Le système de récupération d’eau de pluie (3) : la distribution

C’est la pompe qui fait tout le travail... Voici comment ça marche !

Écohabitation 25 janvier 2013 17:10

Si votre système de captation et votre citerne sont situés en amont du point d’utilisation, il est possible que la gravité soit suffisante pour générer la pression nécessaire pour l’utilisation de l’eau que vous avez soigneusement récupérée. Mais dans la plupart des cas, il est indispensable de faire appel à une pompe et un ballon de pression. Le groupe de pompage représente le second plus important investissement après la citerne.

La pompe peut être de type submersible, dans quel cas elle loge au fond de la citerne. Cette option offre plusieurs avantages :

  1. La pompe est toujours « amorcée », c’est-à-dire qu’elle est toujours remplie d’eau et ne fonctionnera donc jamais sous vide ;
  2. Le système est silencieux à l’utilisation, bien que certains préfèreront avoir la pompe sous les yeux pour s’assurer de son bon fonctionnement ;
  3. Ce choix élimine le risque de cavitation, un phénomène qui survient lorsque la pression à l’entrée de la pompe est trop basse, ce qui nécessite que l’entrée de la pompe soit plus élevée que le niveau de l’eau.

Plusieurs systèmes de récupération des eaux de pluie « clé en main » qui incorporent une pompe submersible au fond de la cuve existent sur le marché (ex. BLUBOX de HG environnement).

À noter que si la pompe est placée à l’extérieur du réservoir, celle-ci doit se situer le plus près possible de la hauteur de la citerne pour éviter le phénomène de « cavitation », laquelle pourrait lourdement endommager la pompe au fil du temps. Ce phénomène donne lieu à une dégradation du fonctionnement, lequel devient très bruyant, comme si de petites pierres étaient présentes dans la volute de la pompe. Il serait alors impératif d’arrêter la pompe et de trouver la cause de la cavitation et d’y remédier avant de remettre le système en marche.

Pour éviter d’endommager la pompe, il est recommandé d’avoir une crépine (un grillage fin) à l’embout d’aspiration dans la citerne et de relier cet embout de tuyau à un flotteur, afin d’éviter de puiser les impuretés qui reposent au fond du réservoir.

 La figure qui suit illustre la connexion de la pompe dans le système. La pompe fonctionne à intermittence pour générer une pression dans le ballon puis s’arrête, ce qui permet une plus grande longévité. Lorsque le niveau dans le réservoir est trop bas, une vanne s’ouvre pour permettre l’arrivée d’eau du réseau municipal afin d’éviter de faire fonctionner la pompe sous vide. Un clapet anti-retour permet d’isoler le conduit du réseau d’eau potable de l’eau de pluie non propre à la consommation. Les robinets de distribution d’eau sont bien identifiés avec la mention « Eau non potable » pour éviter d’en consommer par mégarde.

Schéma système pompage utilisant ballon à pression pour la distribution de l’eau
Schéma d’un système de pompage utilisant un ballon à pression pour la distribution de l’eau. © D.B.

La réglementation…

Un système de récupération d’eau de pluie non relié à la plomberie domestique n’est pas assujetti au Code de construction du Québec (chapitre III – Plomberie). Ainsi, la récupération de l’eau ne servant qu’à l’arrosage ou au lavage de voitures à partir d’un réservoir alimenté par les gouttières n’est pas régie par le code.

Par contre, dès que le dispositif de récupération d’eau pluviale est relié à l’installation de plomberie domestique, le système doit se conformer aux exigences de la section 2.7 du chapitre III du Code.

La figure ci-dessous montre une connexion possible du système de distribution dans le cas d’une application extérieure seulement. Le réservoir est positionné à l’extérieur.

Citerne externe, pompe interne
Une citerne constituée de deux réservoirs récupérés (très abordables) installée à l’extérieur du bâtiment. Le groupe de pompage est quant à lui situé à l’intérieur, à l’abris des intempéries et du froid et pouvant être facilement inspecté en cours de fonctionnement.
© Emmanuel Cosgrove

Un concept mieux adapté au climat québécois consiste à placer à l’intérieur du bâtiment autant la citerne que le groupe de pompage. La figure qui suit démontre cette configuration du système.

Le réservoir, le groupe de pompage de même que la tuyauterie à l’abri du froid
Le réservoir, le groupe de pompage de même que la tuyauterie à l’abri du froid. © Emmanuel Cosgrove

 

Commentaires (2)

Dave 7 juin 2014 11:39

Bonjour,

Votre série de capsule d'information sur les systèmes de récupération d'eau de pluie est très intéressante. Je regarde ce système pour l'approvisionnement en eau d'un petit chalet (Robinetterie, toilette, douche, laveuse). Évidemment, il y a quelques petits détails précis très important à connaitre que je n'avais pas envisagé. J'ai beaucoup de difficulté à trouver la section 2.7 du Code de la construction. Jusqu'à maintenant je n'ai pas réussi la trouver nulle part!

Écohabitation 9 juin 2014 08:34

Bonjour,
J'ai réussis à trouver ces informations :
2) Les réseaux d’alimentation en eau non potable ne doivent être utilisés que pour alimenter:

a) des W.-C.;

b) des urinoirs; ou

c) des lavabos dans un établissement touristique visé au chapitre V.1 du Règlement sur la qualité de l’eau potable (chapitre Q-2, r. 40).»;
Disponible ici :http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/B_1_1/B1_1R2.HTM

Il est vrai que la section 2.7 ne paraît pas très clairement. Il est possible que les modifications apportées au code en avril dernier aient fait en sorte de décaler quelques sections.
Bons travaux !

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