L’empreinte écologique de l’environnement bâti est énorme: extraction de la matière, transformation, transport, construction puis exploitation du bâtiment… La tendance pour la Norme des Bâtiments à carbone zéro (BCZ), lancée en 2017 par le Conseil du Bâtiment durable du Canada, fait consensus dans la communauté des experts en bâtiment durable.

De plus en plus de professionnels cherchent à maîtriser l'empreinte carbone des constructions. Le logiciel Athena (Impact Estimator de l'Athena Sustainable Materials Institute), utilisé par l'équipe d'experts d'Écohabitation dans le cadre de son service d'accompagnement pour l'obtention de la certification Bâtiment à Carbone Zéro, est le plus utilisé parmi les professionels en Amérique du Nord. Sa base de données de matériaux, très complète, permet d'évaluer toutes les composantes du bâtiment. D'ailleurs, des membres de l'Athena Sustainable Materials Institute ont contribué à mettre sur pied la Norme BCZ.

Aujourd'hui, on vous partage notre découverte: un outil intéressant pour évaluer le bilan carbone des bâtiments, son énergie grise. S'il n'est pas aussi complet que le logiciel Athena, il offre tout de même une excellente performance.

Empreinte carbone versus analyse de cycle de vie

L'intérêt pour l'impact environnemental des bâtiment n'est pas nouveau: les scientifiques et professionnels des bâtiments se penchent depuis plusieurs décennies sur l'analyse de cycle de vie des bâtiments, notamment pour certains matériaux comme les structures de bois versus d'acier ou de béton. L'analyse de cycle de vie d'un bâtiment en évalue les impacts environnementaux potentiels long de son cycle de vie. Dans un soucis d'exhaustivité, les impacts pris en compte sont nombreux: la santé humaine, la qualité des écosystèmes, les changements climatiques et les ressources. L'analyse de cycle de vie d'un bâtiment est basée sur les déclarations environnementales de produits (DEP) des matériaux qui y sont mis en oeuvre.

De son côté, l'empreinte carbone se focalise uniquement sur les gaz à effet de serre (GES). C'est un inventaire qui représente l'impact du bâtiment sur les changements climatiques. Dans l'industrie du bâtiment, l'heure est à la réduction drastique de l'empreinte carbone.

L’urgence carbone: comprendre l’énergie grise et l’énergie d’opération

Si on considère la vie utile d’un bâtiment, environ la moitié de son empreinte provient de l’énergie grise, et l’autre moitié provient de l’énergie d’opération. L’énergie grise consommée lors de la phase de construction occasionne une émission de carbone ponctuelle: à la livraison du bâtiment, la facture ne grimpe plus.

À l'inverse, l’opération du bâtiment est émettrice de carbone tout au long de la vie utile du bâtiment. Et on parle de tous les postes de consommation énergétique: chauffage, climatisation, éclairage, consommation des appareils…  L’énergie grise et l’énergie d’opération rejettent toutes les deux du dioxyde de carbone dans l’atmosphère ; la principale différence est le moment auquel ils sont rejetés. Mais pourquoi est-ce si urgent d’adresser le problème de l’empreinte carbone?

© Skanska, traduit par Écohabitation

Selon l’Accord de Paris, il faut absolument limiter le réchauffement planétaire à 1.5 ° C (et pour cela adapter son style de vie), sans quoi les conséquences seront irréversibles. Pour ce faire, un rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) datant de 2018 mentionne qu’il faut faire chuter les émissions de CO2 anthropiques de 45 % par rapport à 2010. Et ce, d’ici 2030.

En parallèle, d’ici 2060, la croissance de la population mondiale nécessitera le doublement de l’espace construit. Ce qui équivaut à construire la ville de New York tous les mois pendant 40 ans! Et comme 80 à 90 % de l’empreinte carbone émise par les nouveaux bâtiments pour les dix prochaines années sera de l’énergie grise, il faut absolument s’attaquer à ce problème.

Ainsi, il est plus que jamais le temps de se pencher sur la manière dont nous construisons. Hors, l'industrie est confrontée à un manque flagrant de données sur l'analyse du cycle de vie, et la recherche d’informations pertinentes est semée d’embûches. C’est dans cet optique qu’a été conçu l’outil EC3.

© Skanska, traduit par Écohabitation

L’outil EC3: pour réduire l’empreinte carbone liée à l’énergie grise des bâtiments

En 2018, Skanska, en partenariat avec C-Change Labs le Embodied Carbon in Construction Calculator (EC3), a lancé EC3, une base de données de type open source contenant des informations sur les matériaux de construction. Basé sur des données tirées des déclarations environnementales des produits (EPD), cet outil est consultable en fonction des exigences des performances des matériaux, des spécifications de conception, de l’emplacement et du potentiel de réchauffement du projet.

Pour le moment, la base de données contient plus de 16 000 EPD représentant une large gamme de matériaux, dont le béton, le gypse et l’acier. Encore plus intéressant ?

L’outil vous permet de déterminer quel fournisseur offrira
l’option à moindre impact carbone!

© Skanska, traduit par Écohabitation

Grâce à de nombreux partenaires, l’outil, conçu pour les architectes, ingénieurs, propriétaires, entrepreneurs, fournisseurs et décideurs est disponible gratuitement en ligne.

Pour en savoir plus sur l'empreinte carbone et sur l'outil EC3, consulter le Carbon Leadership Forum.

© Skanska

Note

L’article a été traduit et adapté. La version originale, en anglais, a été produite par Elizabeth Heider chez Skanska.