De plus en plus de gens recherchent des maisons intergénérations à vendre, des plans de logement multigénération ou même à construire de nouveaux bâtiments pour vivre avec ses proches sous un même toit. Car vivre en intergénération offre bien des avantages : resserrement des liens familiaux, aide à un proche dans le besoin, économies, partage des tâches... Elle peut aussi contrer l’isolement, représentant ainsi une solution idéale en temps de pandémie. La maison multigénération offre donc une solution à ces problématiques. Mias c'est quoi exactement, une maison multigénération ?

Maison intergénérationnelle
UHA attachée bigénérationnelle © Charles O'Hara photographe

La maison multigénérationnelle

Bien que chaque municipalité ait ses propres dispositions et conditions particulières, les maisons habritants plusieurs générations sont généralement conçues de manière à ce que chacun ait son espace : entrées séparées, balcons indépendants, cuisine et salle de bain non partagées… on reste proche, mais avec son intimité. Les typologies varient :

  • deux résidences individuelles, un seul terrain;
  • deux maisons connectées sur le même terrain;
  • une maison, avec deux ou trois logements individuels;

mais la maison intergénération possède toujours une seule adresse et un seul compte de taxe !

Pour Novoclimat, il s'agit d'une : « habitation divisée en deux logements communicants et destinée aux membres d’une même famille ». Et pour Revenu Québec : « maison individuelle dans laquelle un logement a été aménagé pour permettre plusieurs générations de la même famille d’habiter sous un même toit ». Dans tous les cas, elle offre bien des avantages.

Les logements intergénérationnels : contrer l'isolement et autres bénéfices

En plus d’être plaisant (pour la majorité d’entre nous), être entouré est bon pour réduire le stress. Vivre à plusieurs peut donc nous aider à faire face aux aléas de la vie, comme les pandémies. Bigénération, multigénération, intergénération… ces maisons qui nous rapprochent au lieu de nous isoler (telle la tendance des dernières décennies), vivent un réel regain de popularité.

Densification du tissu urbain, entraide, économies sur les prêts hypothécaires ou frais de logement, évitement des coûts liés au logement et soins d’une résidence, partage des électroménagers, appareils coûteux (laveuse, sécheuse, BBQ, piscine, tondeuse) et de l’entretien ! Et on les trouve comment, ces bâtiments multifamilles ?

Acheter une maison en multipropriété

Compte tenu de la demande élevée, il est très difficile pour le moment de trouver ce type de propriété à vendre. Pour pallier ce manque, Écohabitation développe un tout nouveau Kit écologique multigénérationnel préfabriqué en collaboration avec l'architecte et designer Maryse Leduc, qui met au cœur de ses projets le développement durable et l'efficacité énergétique. Pour ce nouveau kit de maison préfabriquée écologique, Mme Leduc propose une petite maison unifamiliale typique de deux étages, de look traditionnel avec toit un en pente, parfaite pour une jeune famille. Lorsque celle-ci est positionnée sur un terrain en pente, le rez-de-jardin devient une aire de vie habitable supplémentaire pouvant accueillir des parents ou des proches. La beauté de ce projet réside dans le fait que le bâtiment peut suivre l'évolution de la maisonnée au fil du temps.

Fabriqués au Québec, pour le climat d'ici, les kits allient matériaux locaux et architecture reflétant la nordicité québécoise. En attendant votre kit intergénérationnel, nous vous invitons à consulter nos autres maisons d'architectes préfabriquées écologiques, ou encore, à planifier la construction de votre maison multigénération. 

Planifier la construction de la maison multigénérationnelle

Si le concept vous intéresse, l’important est vraiment que toutes les parties s’entendent sur leurs besoins et désirs. Quels espaces séparés ? Communs ? Quel partage des biens et des tâches ? Une porte communicante à l’intérieur ? Vue sur quoi, pour qui ? Pour s’aider à planifier le tout convenablement, il est conseillé de faire appel à un architecte, en plus de déterminer avec sa municipalité les conditions et règlementations en vigueur.

Écohabitation propose quelques portraits de maisons multigénérationnelles. Voyez par vous-même les choix qui ont été faits, et les avantages de la planification par l’exemple.

1. TERGOS | Construction d’une maison bigénérationnelle à Stoneham-et-Tewkesbury

Construire maison intergénérationnelle
UHA attachée bigénérationnelle © Charles O'Hara photographe

Dessinée et construite par la firme Tergos Architecture + Construction, cette maison prévue pour accueillir deux générations est située en banlieue de Québec, à Stoneham-et-Tewkesbury. Conçue en respect des principes du design solaire passif, l’habitation maximise les gains solaires et permet l’accumulation de chaleur dans la masse thermique de la chape de béton, en hiver. Avec son revêtement extérieur en bois et son enveloppe performante, la maison est aussi certifiée Novoclimat.

La jeune famille habite dans la section sur deux étages alors que la portion de plain-pied accueille les grands-parents. Pour ce faire, la volumétrie du bâtiment a été réfléchie afin de favoriser l’intimité des deux familles, tout en prévoyant des espaces partagés dans l'entrée et au sous-sol. En somme, ce projet est un excellent exemple d‘UHA attachée bigénérationnelle, un type d’habitation qui gagnera sans nul doute en popularité avec le vieillissement de la population québécoise !

Pour en savoir plus sur la maison bigénérationnelle de TERGOS Architecture

2. Quinzhee Architecture | Triplex indivise dans Limoilou

Maison intergénération règlement
Projet intergénérationnel et multifamilial © TrYo

Ce duplex transformé en triplex n’accueille pas moins d’une « famille » par étage ! Projet intergénérationnel et multifamilial, il a nécessité l’ajout d’un étage, d’un escalier intérieur et d’une terrasse sur le toit. Il est un excellent exemple de comment il est possible de répondre aux besoins des ménages tout en mettant à niveau le cadre bâti et en densifiant en douceur un secteur en respect de son caractère architectural grâce à l’UHA attachée.

« Nous avons choisi de carrément mettre en valeur l’ancien duplex, qui avait un beau fronton, une belle corniche. […] Notre parti pris pour ce projet-là a été de mettre en valeur le passé avec une solution très contemporaine » relate l'architecte Guillaume Fafard, chez Quinzhee architecture.

Pour en savoir plus sur le Triplex multifamilial de Quinzhee Architecture

3. Quinzhee Architecture | Projet Cantin-Tobin dans Limoilou

Maison intergénération subvention
Maison bigénérationnelle © Quinzhee Architecture

Pour s'adapter à la forme atypique du terrain qui ne pouvait recevoir une maison type préusinée et pour répondre à la fois aux besoins de la jeune famille et des grands-parents, cette maison bigénérationnelle construite en banlieue de Québec a nécessité l'implication de la firme Quinzhee Architecture.

Travaillant de près avec les clients qui désiraient avoir une section à étage pour la jeune famille et une section de plain-pied pour les grands-parents, Quinzhee a proposé un plan original qui permet de conserver l'intimité tout en favorisant la proximité des familles. Côté design écologique, en tablant sur une grande fenestration qui fait face au sud, la firme a aussi su optimiser le design pour maximiser les gains solaires passifs en hiver tout en évitant la surchauffe estivale grâce à des pare-soleils, une terrasse et une pergola.

Pour en savoir plus sur le projet Cantin-Tobin de Quinzhee Architecture

4. Cohabitat Québec | Milieu de vie intergénérationnel

plan logement bigénération
Cohabitat multigénérationnel © environnementparlant.com

Un village urbain qui regroupe 42 ménages aux valeurs communes sous le modèle de vivre ensemble : partage, entraide et bon voisinage forment la base de ce projet unique au Québec. Les familles, couples, et personnes seules de tous âges possèdent leur unité, à leur image, et peuvent également se regrouper dans l'un des nombreux espaces communs.

Un mot sur les problèmes de l'isolement

Si on le prenait pour acquis, ou qu’on ne l’avait tout simplement pas réalisé, le confinement nous l’a révélé : les êtres humains sont des êtres sociaux. Pour s’épanouir, ils ont grand besoin de tisser des liens. Ce qui n’est pas toujours facile quand on est confinés, surtout si on l’est seul ; Selon Statistiques Canada (2017), un quart des canadiens vivent seuls. Au Québec, une personne sur trois habite seule, et les Montréalais sont plus de 41 % à vivre en solo ! Mais la solitude nous fragilise, autant sur le plan biologique que psychologique*.

Le Dre Nasreen Khatri, Ph.D., psychologue clinicienne agréée, gérontologue et neuroscientifique, affirme que « l’isolement sociale lié à la solitude augmente les niveaux de cortisol (hormone du stress) chez les individus. ». Et des niveaux élevés sur une base régulière peuvent augmenter les taux de maladies cardiaques, de stress, d’anxiété, de dépression… Ils peuvent même accélérer le développement de maladies neurodégénératives, tel que l’Alzheimer. Toujours selon la Dre Khatri, « la solitude peut être aussi mauvaise sur la santé que de fumer 15 cigarettes par jour », augmentant ainsi les risques de décès de 50 %.

*Selon le Dr Danilo Bzdok, professeur à l’Institut neurologique de Montréal, les effets secondaires de l’isolement découlant du Covid pourraient entrainer des coûts en soins de santé aussi importants, voire supérieurs, à ceux de la Covid-19.

La solitude chez les ainés

Et les personnes âgées ne sont pas en reste, bien au contraire. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ, 2020) mentionne que : « les personnes aînées ont besoin d’interactions sociales et de réseaux de soutien social pour être en santé et ressentir du bien-être et une satisfaction par rapport à la vie. L’isolement et la solitude des personnes aînées sont des phénomènes fréquents qui ont des conséquences néfastes sur leur santé physique et mentale. Plusieurs facteurs de risque d’isolement social sont exacerbés en contexte de pandémie. »

Parmi les nombreuses approches systémiques prônées par l’Institut : mettre en place des interventions misant sur la cohésion sociale. Et une manière d’y parvenir ? Les habitats intergénérationnels.

Aides financières pour construire une maison intergénération

Il n’existe pas d’aide pour la construction de maisons bigénérations à proprement parler, mais vous pouvez profiter des aides existantes pour les nouvelles constructions. Du côté des aidants naturels, ou pour héberger une personne de plus de 70 ans, (ou 60 ans dans le cas d’un handicapé), des crédits d’impôts sont disponibles, au Canada et au Québec.

Dans certains cas, selon la ville, Rénovation Québec peut aussi vous offrir des subventions pour l’ajout d’un logement à votre propriété, et des aides sont possibles pour adapter le logement aux besoins des personnes en perte d’autonomie.

Pour adapter votre maison aux besoins futurs des occupants, suivez le guide !

Le concept vous intéresse ? Regardez également du côté des unités d'habitation accessoires (UHA) et des annexes résidentielles !

Pour en savoir plus

Sources