La fameuse pelouse traditionnelle présente de nombreux inconvénients, pour très peu d’avantages. Elle permet de faire jouer les enfants (non négligeable), de créer de la compétition avec ses voisins (à qui la pelouse la plus verte ?) et est peu dispendieuse (c’est relatif). Mais là s’arrêtent les avantages. En effet, le gazon nécessite en moyenne :

  • De 4 à 5 litre d’eau par m2. C’est énorme ! Surtout lorsqu’on considère qu’il y a de plus en plus de périodes de grande sécheresse en été. 
  • Beaucoup d’entretien. Certains adorent tondre la pelouse, mais pour la majorité, il s’agit d’une tâche dont on se passerait bien. 
  • L’ajout d’engrais chimiques. Ça pollue les nappes phréatiques, les cours d’eau, l’air et le sol et fait disparaitre les insectes*, véritables alliés des jardins. 

Et les alternatives ne sont pas réservées aux « écolos granos ». Opter pour un autre couvre-sol que le gazon permet en fait de sauver bien du temps en entretien, des coûts, des maux de tête, de l’eau… en plus de bénéficier d’une surface fertile pour faire pousser des plantes qui ont une réelle utilité (comme les jardins comestibles, par exemple). 

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Prairies fleuries, trèfle, quatre-temps, fétuque, herbe à bison… les couvre-sols, nombreux, résistent bien à la sécheresse et aux périodes humides, s’adaptent à différents types de sol (sec, humide, rocailleux), nécessitent peu ou pas d’entretien ni engrais, attirent les bons insectes et éloignent les nuisibles, préviennent l’érosion provoquée par le ruissellement et améliorent même la qualité des sols, en fixant l’azote. Parmi ces options nombreuses, on vous parle du thym, moins connu, mais tout aussi intéressant. 

THYM

Serpolet, à feuilles larges, commun, rouge, laineux, citron... Comme les autres couvre-sols, le thym tolère le piétinement léger, est très résistant et ne demande que très peu d’entretien, généralement une simple tonte à la fin de la floraison. Car ce qui distingue ce plant qui pousse bien au gros soleil, dans les pentes et les rocailles, ce sont ces petites fleurs pourpres ou blanches qui prospèrent au printemps et à l’automne, pour un effet spectaculaire. Et en plus : ça sent bon… le thym !

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Le thym supporte également très bien le sel ! Il est donc tout indiqué le long des pavés, stationnements et routes que l’on doit déglacer ici, en hiver. 

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Bémols ? Son coût (plus élevé que celui du gazon Kentucky), son temps de pousse et ses abeilles. Alors que c’est une bonne nouvelle pour plusieurs, l’attrait des abeilles pour cette plante pourrait rebuter les plus craintifs. À ne pas négliger, donc.

Nous avons contacté Micheline et Christian, des participants de la cohorte 2018 de la formation Je construis ma maison écologique : le parcours, qui en ont fait l'expérience.

  • Pourquoi avez-vous décidé de planter du thym ? « Nous avions un problème de vers blanc. Nous recherchions un couvre-sol autre que le gazon et sans entretien. Le thym rampant est résistant, contrairement au gazon il ne nécessite pas d’arrosage fréquent ou de tonte.  Au printemps la jolie floraison dégage un parfum agréable. Nous avons planté du thym de différentes couleurs ce qui ne manque pas d’impressionner les passants. »
  • Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui voudrait en planter ? « Armez-vous de patience ! Ce projet s’est étiré sur plusieurs années. »
  • Y a-t-il des aspects négatifs à prévoir ? « Pas vraiment, outre que le thym se plante plein soleil et qu’il faut patienter le temps que ça pousse et que ça rampe ! »
Couvre-sol en thym © Micheline et Christian

Pour savoir comment le poser, nous vous conseillons la lecture de cet article de Larry Hodgson parut dans Le Soleil.

CONSEILS GÉNÉRAUX

  1. Optez pour des espèces locales (indigènes), elles sont mieux adaptées aux conditions des sites.
  2. Récupérez l’eau de pluie pour arroser vos plantations. Vous économiserez ainsi de nombreux litres d’eau : un boyau d’arrosage débite environ 1 000 litres d’eau potable à l’heure, soit l’équivalent de la consommation d’eau potable recommandée pour une personne pendant plus d’un an.
  3. Choisissez un gazon écologique, si vous n’êtes toujours pas convaincus et que vous voulez quand même poser de la pelouse. Dans ce cas, il est bon de savoir que pendant la sécheresse, le gazon jaunit, mais ne meurt pas. Nul besoin de l’arroser, il reverdira avec les pluies. 

Attention ! Compte tenu de la complexité à différencier les différents types de gazon, même s'il y en a plusieurs écologiques, aucun n'est accepté dans le cadre de la certification LEED.

*LES ALLIÉS DU JARDIN

Trop souvent considérés comme nuisibles, on oublie que certains insectes et animaux peuvent être de véritables alliés dans le jardin. Les vers de terre favorisent une bonne aération du sol et la transformation des matières organiques. Les coccinelles se nourrissent en moyenne d'une centaine de pucerons par jour, ce qui en fait un insecticide très efficace, peu onéreux et écologique. Les crapauds se nourrissent de limaces, perce-oreilles et autres insectes. L'utilisation de pesticides ou produits chimiques peut les faire disparaître et leur tâche devra être effectuée par votre main ou des produits ! Il est donc bien de penser son aménagement de manière à préserver ces espèces animales.

Pour en savoir plus