Les changements climatiques ne s'arrêtent pas en temps de pandémie. Évidemment, le ralentissement de l'économie et la chute du nombre de voyages aériens nous ont donné la perception de réduction de notre impact environnemental. Mais la course à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ne doit pas faiblir. L'habitation représente un secteur clé de la lutte contre les changements climatiques, et la rénovation concerne une grande majorité des propriétaires québécois.

La rénovation résidentielle : une voie privilégiée pour générer des bénéfices environnementaux, économiques et sociaux

Savez-vous que les immeubles construits avant 1984 ont de 67 % à 172 % plus de besoins thermiques que ceux construits après 2011 ? Sachant que trois logements sur cinq au Québec sont construits avant 1980 et que 25 % des maisons datent d'avant 1961, le défi en matière d'amélioration de la performance énergétique est encore grand, malgré les efforts fournis depuis trente ans.

Le grand potentiel de réduction des émissions de GES dans le secteur résidentiel

L’isolation, l’étanchéité, le chauffage et la ventilation jouent un rôle déterminant dans l’impact environnemental des habitations. Dans le viseur : les fuites d’air et les pertes de chaleur. Suivant cette tendance, les subventions du programme Rénoclimat, programme gouvernemental mis sur pied en 2006, contribuent toujours à réduire la consommation énergétique des Québécois.

Les résultats des efforts pour lutter contre les émissions de GES sont très encourageants : le dernier bilan disponible indique qu'en 2018, le chauffage des bâtiments résidentiels a baissé de 50,9% depuis 1990, pour 3,42 Mt éq. CO2 (ce qui représente 4,2% des émissions totales du Québec). L’utilisation accrue du chauffage à l’électricité est pour beaucoup dans cette tendance.

Remplacer les énergies fossiles par des systèmes de chauffage plus performants

Le mazout est 1,4 fois plus polluant que le gaz naturel et 102 fois plus que l’hydroélectricité

Les énergies fossiles représentent la principale source d’énergie mondiale. Ce sont des ressources non renouvelables, issues d’un très long processus de décomposition. Elles sont extraites du sol sous différentes formes : liquide (pétrole), solide (charbon, anthracite) et gazeux (méthane). Les formes solides de ces ressources, comme le charbon, sont de moins en moins utilisées au niveau mondial, et c’est tant mieux : elles sont les formes les plus polluantes. Le mazout, lui, est une source d’émissions également très polluante (1,4 fois plus polluant que le gaz naturel et 102 fois plus que l’hydroélectricité), et les stocks viennent à s’épuiser.

Le chauffage qui carbure aux énergies fossiles représente la plus grande part des GES émis par les bâtiments. Mais la transition vers les systèmes de chauffage performants n'est pas terminée : il est prioritaire de ne plus utiliser le mazout, ou le gaz naturel, comme source principale de chaleur.

L’électricité du Québec est très peu émettrice de GES et a la plus petite empreinte carbone au monde : se chauffer à l'électricité y est avantageux d'un point de vue environnemental. Et si les plinthes électriques offrent une solution très abordable, les thermopompes (et particulièrement les modèles basse température) permettent de diviser par 3 la consommation électrique.

Sortir de l'ère du chauffage au mazout, qui représente 31 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel au Québec

Certains pays européens, comme la France, ont déjà fait le pas : chez nos voisins outre-Atlantique, il est désormais interdit d'installer des systèmes de chauffage au gaz dans les logements neufs.

À Montréal, où le mazout représente 28 % des GES du secteur résidentiel, tous les systèmes de chauffage fonctionnant avec ce combustible fossile devront être remplacés d'ici 2030.

Au niveau provincial, Québec se prépare à interdire l’installation d’appareils de chauffage au mazout dans les bâtiments résidentiels d’ici la fin 2023. Puis en 2023, il serait interdit de procéder au remplacement d'un appareil de chauffage au mazout par un appareil de chauffage fonctionnant au moyen d'un combustible fossile dans les bâtiments résidentiels existants.

Remplacer un appareil de chauffage au mazout sera bientôt interdit au Québec
Remplacer un appareil de chauffage au mazout sera bientôt interdit au Québec

Pour soutenir les propriétaires dans leurs travaux de démantelement et de retrait de leur réservoir et fournaise, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques leur permettra de faire une demande d'aide financière dans le cadre du programme Chauffez vert, reconduit jusqu'en 2026.

Envisagez-vous de changer votre système de chauffage ? Répondez à notre sondage

Faites-vous partie des 200 000 ménages québécois qui se chauffent au mazout ? Désirez-vous abandonner le gaz naturel ?

Quel est votre mode de chauffage principal ? Envisagez-vous de le remplacer ? Voulez-vous changer votre chauffage pour un équipement plus efficace ?

Afin de répondre au mieux à vos besoins dans le futur, Écohabitation travail actuellement pour avoir une connaissance des projets en remplacement et amélioration de systèmes de chauffage. 

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