J’ai eu la grande chance de vivre quelques années dans le nord de la Californie. Les loyers étant très élevés, notre choix de logement (pour un couple) s’est naturellement dirigé vers les options les plus abordables. Nous voulions vivre proche d’un centre urbain et avoir accès à tous les services de base (épicerie, pharmacie, poste, etc.) sans devoir dépendre de la voiture.

Nous avons trouvé un petit, petit, bijou de maison en ratissant les petites annonces sur Craig’s list. Située sur une rue tranquille, la maison d’une superficie de 500 pi2 possédait un grand mur vitré et une petite cour privée. En parlant avec le propriétaire, nous avons appris que la maison était fort probablement une ancienne résidence de domestiques. Sur la même rue, il y avait d’ailleurs plusieurs petites maisons semblables datant du début du 19e siècle. Elles devaient précédemment appartenir à des lots plus grands qui ont été subdivisés au fil des années pour accommoder le besoin de logement grandissant dans la région.

© Écohabitation

Un espace restreint à optimiser

500 pi2 carré pour deux, c’est petit, très petit! Petit oui, mais tout à fait agréable à vivre si l’espace est bien aménagé. La maison comptait trois pièces : une pièce à aire ouverte qui incluait la cuisine, salle à manger et le salon, une chambre à coucher puis une salle de bains. Même si l’espace était bizarrement divisé ─ il fallait passer par la chambre pour accéder à la salle de bains ou encore la laveuse et la sécheuse étaient situées dans un cagibi attenant à la maison, ─ l’aire de vie était fonctionnelle. La cuisine possédait un bel espace de comptoir et beaucoup de caissons, donc suffisamment de rangement.

Le rangement, c’est souvent le problème dans les petits espaces. Parlez-en aux propriétaires de condo qui s’en plaignent souvent! Je sais de quoi je parle puisque j’ai déjà habité en condo. Nous avions la chance d’avoir un petit sous-sol (250 pi2) et à côté de la maison, un petit garage (espace pour une petite voiture) qui servaient d’espace de rangement pour les choses qui ne sont pas d’utilisation quotidienne : articles de sports, valises, objets saisonniers, etc. Le garage faisait aussi office de petit atelier avec des outils et un établi. 

Afin de maximiser l’espace, nous avons créé des espaces multi-fonctionnels. Comme nous travaillions beaucoup sur un ordinateur et moi à la maison, nous avions besoin de deux bureaux de travail. Dans l’espace salle à manger munie d’une petite table, nous avons installé une bibliothèque avec un bureau intégré. L’espace salon était constitué d’un sofa pliable, pouvant faire office de lit d’appoint et d’une table à café. En face, nous avons installé le 2e bureau. L’écran d’ordinateur servait aussi comme écran de télévision. La chambre à coucher comptait un lit double, une commode et une bibliothèque pour le rangement. Une petite garde-robe permettait de ranger nos vêtements.

Bien qu’aucun espace superflu n’était disponible, la maison était très fonctionnelle et agréable à vivre : jamais l’impression d’être à l’étroit! Bien sûr, il fallait être assidu sur le rangement, et l’accumulation de choses (souvent plus ou moins inutiles) n’était pas envisageable.

Salon et aire ouverte cuisine-salle à manger © Écohabitation
Cagibi attenant à la  maison et cour arrière privée © Écohabitation

Localisation enviable pour un mode de vie écologique

Pour nous, il était prioritaire de pouvoir circuler facilement à pied, en vélo ou encore en transport en commun dans nos déplacements quotidiens. Malheureusement, la grande majorité des villes américaines sont développées autour de la voiture. Le transport en commun est souvent déficient dans les petites municipalités. Située dans une petite ville (environ 100 000 habitants), notre mini-maison était à un bloc de l’épicerie et à dix minutes à pied du centre, où l’on trouvait des cafés, restaurants, un boulanger. Nous étions aussi proches d’un des nombreux parcs que compte la ville, où il était agréable de marcher et ou encore d’aller courir. Le travail était accessible à vélo. Je dirais que le fait de pouvoir se déplacer à pied et à vélo jouait énormément sur notre qualité de vie. Limiter nos déplacements en voiture et éviter d’être pris quotidiennement dans le trafic était très agréable.

Le nord de la Californie jouie d’un climat tempéré toute l’année. Le soleil brille presque tous les jours. Nous étions donc souvent à l’extérieur. Seuls les mois de décembre et janvier sont plus froids. Dans la cours, nous avions aménagé une table avec des chaises, un petit jardin. Une plate-bande le long de la clôture arborait des fleurs et des fines herbes. Sur le côté, il y avait même un petit citronnier qui donnait de délicieuses limonades! Bien sûr, le climat du Québec n’est en rien comparable à celui de la Californie. Nous vivons beaucoup plus à l’intérieur.

Depuis mon expérience de vivre dans très petit, mon rapport à l’espace et aux objets s’est modifié. Je me suis rendue compte que c’est possible de vivre bien dans un petit logement avec peu de choses. Tout est une question d’aménagement et de bien penser l’espace. De retour au Québec, j’ai trouvé les appartements très grands. J’avais l’impression que l’on « gaspillait » l’espace. Bien que mon nouveau logement montréalais soit plus grand, je me déplace à l’année à pied, à vélo et en transport en commun. Je ne possède pas de voiture. Quand j’en ai besoin d’une, je l’emprunte. Souvent, il suffit d’essayer une nouvelle façon de vivre pour l’essayer. Comme quoi tout est une question de perspective!

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