Bien que le Mimosa du Quartier ne présente pas d’innovations ou de performances exceptionnelles du point de vue écologique et éconénergétique, il a tout de même su obtenir une certification Leed Argent de même qu’une certification Novoclimat. Avec une valeur d’isolation au-dessus des normes du Code du bâtiment, des fenêtres doubles et une assez bonne étanchéité à l’air, l’immeuble peut se targuer d’être performant malgré le budget limité dont il disposait.

Le Mimosa en construction | Source le Mimosa du Quartier, 2015

Un bâtiment sain qui consomme peu d'eau

Côté confort et santé, des échangeurs d’air dans chaque unité, l’utilisation d’une peinture à faible COV et le choix de matériaux de construction sans émanations toxiques assurent une bonne qualité de l’air intérieur pour les locataires. L’immeuble contribue aussi à l’économie d’eau avec l’installation de toilettes double chasse et de pommeau de douche à faible consommation.

La cuisine collective du Mimosa | Source Lapalme et Rheault architectes associés, 2015

Une bonne gestion des déchets, une protection contre le radon et un toit blanc

En cours de construction de projet, un tri des déchets de chantier a permis d’obtenir des points supplémentaires sur la grille Leed et, élément atypique pour ce type de projet, on a aussi ajouté une colonne à radon, évitant ainsi des complications potentielles liées à ce gaz toxique. Un toit blanc permet aussi de limiter la surchauffe des logements en été et évite d’accentuer les îlots de chaleur dans ce secteur de Gatineau qui est déjà très asphalté et vulnérable aux vagues de chaleur qui frappent de plus en plus le Québec.

Toit blanc du Mimosa en construction | Source Écohabitation, 2015

Au coeur de tous les services

Au final, ce qui fait que ce projet soit intéressant à étudier du point de vue écologique est surtout que d’un point de vue holistique, il incorpore des éléments souvent délaissés en habitation durable. D’une part, il est localisé dans un secteur urbanisé et bien pourvu en services et commerces et, d’autre part, la proximité d’une piste cyclable et de lignes de bus, en font un projet qui contribue à réduire l’empreinte environnementale des occupants en réduisant leur dépendance à l’automobile ! Ces critères sont énoncés dans le Guide de construction AccèsLogis et sont souvent appliqués dans le logement communautaire. De ce fait, ce programme de la SHQ contribue à créer un cadre bâti plus écologique et favorise la transition vers des collectivités plus durables!

Un bâtiment esthétique !

Par ailleurs, loin d’être un bâtiment terne auquel les ensembles de logements sociaux des années 1960-1970 nous ont habitués, le Mimosa est un bâtiment coloré et lumineux auquel les résidents s’identifient ! De fait, il y a désormais au Québec une grande variété de logements sociaux qui se distinguent de cette image stéréotypé du logement social qui est malheureusement bien implantée dans la mémoire collective. En valorisant ce genre de projet, nous espérons contribuer à changer cette perception !

Modélisation du Mimosa | Source Lapalme Rheault — Architectes associés, 2015

Comme nous l’a dit Judith Lapierre en entrevue : « L’architecte a été vraiment exceptionnel, il apportait des idées pour que ce soit adapté pour chaque famille, pour que les enfants puissent reconnaître leur logement, que ce soit pas totalement uniforme ! Il a amené des éléments particuliers à l’immeuble qui fait qu’il a l’air d’un chez soi plutôt que tout un bloc gris. Il voulait faire chaque unité différente à l’extérieur, on n’a pas pu faute de moyens, mais avec la texture et les matériaux ça donne un côté moderne et chaleureux ». Bien que cela ne change rien à sa performance écoénergétique, l’apparence du bâtiment contribue à l'appartenance des résidents à leur milieu de vie, à l'acceptation sociale du projet auprès des riverains, mais aussi au changement de la perception populaire face au logement social et communautaire. En cela aussi, le Mimosa est un projet duquel on peut s’inspirer !

Financée par la Société d’habitation du Québec (SHQ) dans le cadre du Programme d’appui au développement de l’industrie québécoise de l’habitation (PADIQH), cette deuxième étude de cas sur une série de quatre présente les enseignements des professionnels œuvrant dans le logement social et communautaire du Québec.