Longtemps, le solaire était peu considéré au Québec : pas assez de soleil, trop coûteux, émet plus de gaz à effet de serre (GES) que l'hydroélectricité lorsque l'on tient compte de la fabrication des panneaux solaires, demande plus d'énergie à sa fabrication qu'il en produit sur la durée de vie d'un panneau solaire. Ces éléments faisaient partie des principales critiques.
Toutefois, dernièrement, il y a eu un changement de cap radical face à l'énergie solaire au Québec. Le gouvernement s'y intéresse maintenant et Hydro-Québec souhaite l'installation d'une puissance de 3 000 MW de solaire photovoltaïque (PV) d'ici 2035 dans son Plan d'action 2035, dont 125 000 installations résidentielles solaires branchées sur le réseau. Faisons le point sur la question dans la réalité d'aujourd'hui.
Sur le plan mondial, le solaire PV représente la technologie la plus installée depuis quelques années. Et malgré l'opposition au solaire du gouvernement américain, le solaire PV demeure depuis quelques années la technologie la plus installée aux États-Unis, en termes de puissance installée. Malgré son caractère intermittent, le stockage devient un élément complémentaire important pour les installations résidentielles et en production centralisée dans le monde. Le solaire est la technologie la moins coûteuse aujourd'hui, rapide à installer et représente un objectif pour combattre les changements climatiques.
Quelques faits intéressants du solaire PV au Québec
- La quantité d'ensoleillement au Québec est plus importante qu'au Japon, le précurseur des installations solaires de masse dans les années 1980, et plus importante qu'en Allemagne, le champion des installations solaires dans les années 1990 et début 2000.
- Les panneaux solaires aiment le froid et non la chaleur. Ils produiront donc plus l'hiver que l'été dans un même ensoleillement. Cela dit, la durée du jour étant nettement plus courte l'hiver, la production totale en hiver sera nettement moindre qu'en été.
- La garantie des panneaux solaires PV est de 25 à 30 ans et dureront le double, malgré la baisse de production au cours des années. Plusieurs fabricants promettent dans leur garantie que les panneaux solaires produiront de 80 à 87 % de leur puissance crête après 25 à 30 ans. Cela dit, les autres équipements, tels un onduleur réseau ou des accumulateurs ont une durée de vie moindre, mais tout de même intéressante.
- Aucune émission de GES à l'utilisation. Nous reviendrons sur leurs impacts environnementaux plus bas.
Panneaux photovoltaïques : quand sont-ils rentables au Québec? Une question de coûts et d’impacts
Les coûts d’achat initiaux des installations photovoltaïques étant élevés et les coûts de l’hydroélectricité bas, sans aide financière, cela peut prendre de 15 à 18 ans pour rentabiliser un système de panneaux solaires branché réseau au Québec. Heureusement, la subvention d'Hydro-Québec offerte via son programme LogisVert permet de réduire la période de retour sur investissement entre 10 et 12 ans!
Tout dépend également du type d'installation que vous souhaitez faire :
- en autonomie (complètement autonome et donc non-branché sur Hydro-Québec). Beaucoup plus coûteux qu’une installation en production distribuée parce qu’il y a plus d'équipements (régulateur de charge et surtout les accumulateurs);
- en production distribuée (branché sur Hydro-Québec). Ce qui vous permet d’injecter vos surplus d’électricité produite dans le réseau d’Hydro-Québec, en échange de crédits sous forme de kilowattheures, grâce à l'option tarifaire mesurage net.
Ces différents types d'installation génèrent différents calculs de la rentabilité.
Quoi qu’il en soit, les prix des installations photovoltaïque ont chuté drastiquement dans les dernières années, ce qui rend de plus en plus intéressant un système solaire photovoltaïque en autonomie si on est loin des réseaux d’Hydro-Québec et que le coût de raccordement au réseau est très élevé. Pour déterminer si l’installation autonome sera rentable monétairement, il suffit de faire le calcul de vos besoins :
- au Québec, un kW de puissance produit environ 1 200 kWh d’électricité dans des conditions idéales, sachant que la production variera selon l'orientation (inclinaison et azimut des panneaux PV), l'ombrage, etc.
- consultez un spécialiste qui pourra vous aider à évaluer adéquatement vos besoins, et la rentabilité attendue.
- suivez une formation en ligne sur l'énergie solaire photovoltaïque et procédez vous-même aux calculs.
Panneaux photovoltaïque : intéressants pour réduire notre demande d'énergie en période de pointe hivernale?
Saviez-vous que la production d'électricité d'Hydro-Québec, couplée aux achats effectués auprès des partenaires québécois de production (éolienne, biomasse, etc.) ne suffit généralement pas à alimenter tous les clients pendant la période de pointe hivernale? Les grands froids posent de nombreux casse-tête aux stratèges de l'énergie.
Les systèmes solaires PV branchés réseau pourraient devenir intéressants dans une perspective de réduction de la demande de pointe hivernale si installés en masse. Cela dit, la pointe hivernale est le matin et en fin d'après-midi lorsque la production solaire est faible. Toutefois, la production solaire envoyée sur le réseau permet à Hydro-Québec de moins turbiner et donc de préserver ses réservoirs. Pour un système solaire PV branché réseau sans accumulateurs, les réservoirs deviennent alors des « accumulateurs virtuels » puisque l'eau conservée pourra être turbinée plus tard pour produire de l'électricité. D'autre part, la production PV pourrait soutenir le réseau, dont en période de pointe, si les systèmes PV branchés réseau possédaient des accumulateurs et qu'une stratégie de contrôle permettait d'utiliser en priorité ceux-ci en période de pointe. Finalement, l'ajout d'accumulateurs aux systèmes PV branchés réseau permet de se protéger des pannes en alimentant les charges critiques, par exemple un réfrigérateur, un congélateur, un ordinateur, l'éclairage.
L’intérêt de notre projet de démonstration d’une maison Net Zéro à Mascouche est là : en couplant une voiture électrique qui fait office de batterie à la maison, on n'obtient que des avantages!
À l'échelle du quartier, le microréseau électrique solaire photovoltaïque de Lac-Mégantic innove en centralisant la production électrique : ce type de réseau constitue le meilleur moyen de mobiliser massivement les systèmes de production d’énergie à partir de ressources renouvelables, tout en réduisant la pression sur la consommation lors de pointes hivernales.
Produire de l’énergie : toujours des coûts environnementaux associés
Toute production énergétique entraîne des impacts sur l'environnement. Il existe deux concepts clés en matière d'évaluation des impacts en environnement :
- effectuer une analyse multicritère. L'industrie solaire et éolienne se vante de produire peu de GES. Cela est vrai, mais il existe d'autres types d'impacts sur l'environnement. Une analyse sérieuse comptabilisera une liste de critères environnementaux.
- effectuer une analyse cycle de vie. Cela implique que l'on regarde les impacts à partir de l'extraction des matériaux (minéraux ou autres) jusqu'à la disposition finale en fin de vie.
Une analyse environnementale complète se fera donc en cycle de vie et multicritère.
Analyse cycle de vie des panneaux solaires photovoltaïques
Nous ne ferons pas ici un inventaire exhaustif des impacts sur l'environnement du solaire PV, mais nous discuterons des principaux impacts que l'on retrouvent dans la littérature.
Gaz à effet de serre (GES)
La figure suivante présente une comparaison des GES émis par différentes technologies énergétiques :
Selon une étude de 2014 du CIRAIG, l'émission de GES de l'hydroélectricité au Québec est évaluée à 6 grammes éq. CO₂/kWh). Toutefois une étude récente conjointe entre l'ÉTS, l'UQAM et Hydro-Québec indique un taux d'émission de 34,5 g éq. CO₂/kWh selon une étude du cycle de vie et surtout tenant compte des émissions des réservoirs (Source: Taux d’émission de GES associés à l’électricité d’Hydro-Québec). Il faut cependant être prudent en comparant cette donnée à celles de la figure puisque les méthodologies peuvent être différentes, notamment en ce qui concerne la prise en compte des différentes composantes de l’empreinte carbone.
Temps de retour sur investissement énergétique (Energy Payback Time)
Étant donné, entre autres, de la mécanisation des usines de fabrication des panneaux solaires PV et de la diminution de l'épaisseur des cellules PV, le temps moyen du temps de retour sur l'investissement énergétique sur le plan mondial est d'environ un an et de 1,42 an pour le Canada (Source: Fraunhofer, Photovoltaics Report, 14 juillet 2026).
Il est à rappeler que la garantie d'un panneau PV est de 25 à 30 ans et qu'il peut durer le double du temps de la garantie, mais avec une baisse de sa performance.
Matériaux utilisés
Depuis quelques années, on s'intéresse maintenant aussi aux matériaux utillisés, dont leur toxicité, mais aussi leur quantité disponible en tenant compte de leur utilisation pour d'autres produits. L'industrie solaire travaille maintenant pour trouver des alternatives reliées à cet impact.
Recyclage
L'Europe possède des directives sur le recyclage des panneaux PV depuis plusieurs années et l'industrie européenne du solaire PV a créé un organisme sans but lucratif (PV Cycle) voué au recyclage des panneaux PV. La Chine, premier producteur et installateur dans son pays de panneaux solaires PV, met en place un système en boucle fermé pour le recyclage des panneaux PV, dans le cadre de sa stratégie circulaire 2026-2030. Les États-Unis commencent récemment à se doter d'un réseau de recyclage des panneaux PV. Quant au Canada, il en est au début de cette préoccupation. Cela dit, à partir du 1er octobre 2026, il y aura un écofrais sur les panneaux solaires en Alberta dans le but du recyclage obligatoire des panneaux PV.
Des formations en ligne pour en savoir plus sur les énergies renouvelables
Vous voulez explorer les possibilités d’une autoproduction chez vous? Notre formation sur le solaire photovoltaïque à la maison vous fait découvrir le fonctionnement des systèmes de production d'énergie solaire, les options de branchement et les aspects à considérer avant de vous lancer dans un tel projet.
Notre formation 30 heures sur le solaire photovoltaïque, quant à elle, s'adresse principalement aux professionnels qui veulent tout comprendre sur le sujet pour être en mesure d'ajouter le solaire à leur offre de services.
Je pense que vous omettez quelques faits forts importants dans votre analyse :
1- Le rendement réel vs la puissance installée. Vous obtenez environ 15% de la puissance installée.
2- Les panneaux sont peu efficaces lorsque vous en avez besoin car l'hiver ( c'est malheureux cette histoire!) et bien le taux d'ensoleillement est très bas voir nul certaine journée. Et c'est l'hivers que nous avons besoins le plus d'énergie. Si vous voulez paraître cool avec vos ado, installez vous une pompe à chaleur ( 3 X la production de chaleur par KwH)
3- Si vous aimez fermer les yeux sur les droits humains et commander vos panneaux tendances made in China comme HQ libre vous
4- Solaire n'égale pas carboneutralité ou zéro émission. Calculer 55g par Kwh produit VS 6 g pour nos raingards barrages hydro électriques. Décidemment, si ce n'est pas allemand ou danois c'est out. Donc, l'hydro c'est 900% mieux que les panneaux solaires!
Finalement si l'envie vous prend de bien vouloir perdre des milliers de dollars en installant des panneaux sur l'ensemble de votre sersant sud de votre toiture, c'est votre choix. Toutefois, il est regrettable que nous nous jettons tête baissée dans cette affaire. Si nous fesons comme les allemends et les danois qui payent aujourd'hui à grand frais ce pari. En effet, les allemands que nous aimons tant nous comparé ont investi des sommes collosales, 500 milliard de dollard d'ici 2025 pour leur transition énergétique. Le résultat des courses dans le mix énergitique: 19% de lignite ( la rolls royce des polluants) , 9% charbon, gaz naturel 15%, pétrole 1 %.
Total: 44% d'énergie fossile.
Bref, installer un panneau solaire dans un pays nordique tel le notre (désolé nous ne sommes pas la Californie) n'est en RIEN un geste pour l'environnement, mais bien une uniformatisation d'un problème complexe. C'est cool le solaire dit l'Inuit à sa professeur. Si j'en posais 50 km2 sur la banquise ça souverait la planète...
Cet excellent article n'est pas parfait : Les panneaux PV ne sont PAS une façon de réduire notre demande d'énergie en période de pointe hivernale.
Les panneaux sont PARFOIS couplés avec une solution d'accumulation électrique, mais c'est cette dernière qui rend possible l'intégralité de la réduction de la demande.
C'est l'accumulation qui fait tout le travail, puisque le soleil est couché ou très bas durant les périodes de pointe hivernale au Québec, tout simplement!
Vous oubliez un fait important. La production individuelle d'électricité réduit la demande sur HQ à l'année longue. Ce qui lui permet d'avoir une meilleure réserve pour les périodes de pointe dans ses barrages.
Ainsi, HQ devrait encourager la production par les gens branchés sur le réseau (option mesurage.net) qu'on nomme autoproducteurs.
Les autoproducteurs alimentant le réseau, ils stockent non pas sur des batteries mais dans les réservoirs des barrages.
Les pompes à chaleur ne sont pas une solution miracle. Je ne suis pas un expert, mais voici quelques-unes de mes réflexions.
Les pompes à chaleur ont une durée de vie limitée. Elles ne sont garanties que pour 10 à 12 ans. Ce qui pour la maison moyenne représente un dix mille dollars d'investissement à toute à tous les 10-12 ans. Sauvez-vous 1000 $ par année d'électricité avec une pompe à chaleur?
Sans compter l'effacement de son coup de production et de dispositions en équivalent de gaz à effet de serre.