L'énergie électrique ne peut généralement pas être stockée telle quelle, chaque kilowatt-heure doit donc être consommé au moment où il est produit. La pointe de consommation èlectrique est la période où la demande est la plus élevée: au Québec, elle représente en moyenne trois semaines par année, en périodes de grands froids hivernaux. La production d'Hydro-Québec, couplée aux achats effectués auprès des partenaires québécois de production (éolienne, biomasse, etc.) ne suffisent généralement pas à alimenter tous leurs clients lors de ces périodes critiques.

Même si Hydro-Québec anticipe une croissance modérée de la demande d’électricité au cours des 10 prochaines années (c'est plutôt une bonne nouvelle), il est tout de même important de trouver des moyens de limiter la demande à la pointe, car les enjeux sont de taille. 

Les enjeux d'une réduction de la demande énergétique en période de pointe

Une réduction de la demande à la pointe permet de :

  • limiter les achats d’électricité à l’étranger (à l’Ontario et aux États-Unis, où les principales sources d'électricité sont le charbon et le nucléaire), à des coûts faramineux. En 2009, le Distributeur avait dû acheter de l’électricité au coût d'environ 120$ américain le MW/heure. En 2004, Hydro-Québec avait dû acheter pour près de 30 millions d’électricité en provenance de l’étranger afin de répondre à la pointe (La Presse, 2009). Cette situation est cependant sur le point de trouver une issue grâce à l’entente interprovinciale avec l’Ontario qui prévoit d’échanger de l'électricité sur demande et « à coût nul » pendant leur période de pointe respective, soit en hiver pour le Québec et en été pour l’Ontario. Hydro-Québec bénéficiera de 500 MW de puissance afin de répondre aux besoins de notre province en périodes de pointes hivernales ; de son côté l'Ontario importera 2 TWh d'hydroélectricité propre annuellement à des moments ciblés où le gaz naturel aurait autrement été utilisé (consulter le communiqué de presse du gouvernement ontarien du 21 octobre 2016).

  • limiter la nécessité de construire de nouveaux barrages: en effet, le Distributeur est confronté à des surplus d’électricité pratiquement à l’année longue, sauf en période de pointe. Mais puisque cette énergie ne peut être stockée, elle est simplement vendue dans les provinces et États voisins. La seule raison de construire de nouveaux barrages est de pouvoir répondre à cette demande en puissance à cette période précise sans devoir importer de l’électricité, à fort coût.

Parmi les solutions, la meilleure est évidemment de réduire notre consommation : des bâtiments et appareils plus performants étant la base. On peut aussi coupler notre maison avec une voiture électrique, et utiliser la batterie de la voiture pour alimenter la maison, ou le réseau électrique, lors des pointes. Une autre idée est de chauffer grâce à la biénergie. 

Émissions annuelles de GES (kg CO2 éq.)

- Chauffage seulement (Québec)*

Électricité (thermopompe)

347

Gaz naturel

9 012

Mazout

12 621

Bois (biomasse)

0


*Pour un bâtiment 2000 pi2 (185 m2), 5202 degrés jours. Données calculées par la CCÉG. 

*La fiche technique est basée sur le programme d'Hydro-Québec, mais les concepts peuvent généralement s'appliquer aux clients d'Hydro-Sherbrooke.

Un micro-réseau électrique solaire photovoltaïque

Pour faire face à l'évolution de nos besoins énergétiques, la production d'énergie locale (décentralisée), stockée et distribuée à l'échelle d'un quartier, représente une solution durable, qui offre stabilité de l'approvisionnement et efficacité. Les projets de réseaux électriques constituent le meilleur moyen de mobiliser massivement les systèmes de production d’énergie à partir de ressources renouvelables. Consultez notre Guide sur le sujet étudiant le cas du microréseau solaire de Lac-Mégantic.