Isoler des murs de fondation de pierre avec de la mousse de polyuréthane giclé est-il recommandé?

Thierry Arsenault 27 janvier 2011 12:11

Je suis à la recherche d'une solution permanente à la présence d'humidité dans un sous-sol dont la fondation est en pierre avec joints de mortier. Je vais faire l'installation d'un drain français par l'intérieur et une réfection de l'irrigation extérieure. Mais je songe aussi faire gicler de la mousse de polyuréthane sur certains murs. Y a-t-il contre-indication à ce sujet? J'ai peur qu'une fois scellées, les pierres et le mortier ne se désagrègent? Serait-il mieux de laisser un espace ou d'installer une membrane (quel type?) entre la mousse et les murs? Les murs de pierre doivent-ils 'respirer'? Aussi, doit-on ou non poser de la mousse de polyuréthane giclé entre les poutres appuyées sur la fondation entre le sous-sol et le rez-de-chaussée. Mon inquiétude est que l'humidité concentrée sur les poutres pourrait les faire pourrir. Devrait-on protéger le bois des dites poutres avant de gicler l'isolant? Merci à l'avance!

Réponses (1)

Écohabitation 10 février 2011 22:54

Bonjour,

La question est complexe et pourrait intéresser tous les rénovateurs qui ont un vide sanitaire ainsi que des vielles fondations. Ce type de rénovation peut, selon la technique utilisée, mener à un bon résultat comme à un échec. C'est pourquoi nous vous invitons à consulter un architecte ou un ingénieur d'expérience avant de procéder.

Nous avons consulté plusieurs professionnels au sujet de votre question; nous vous présentons les résultats de cette recherche ci-dessous.

Selon les professionnels consultés, la solution la plus fiable et efficace est de procéder par une isolation de l'extérieur de vos fondations. Selon Jules Auger, auteur du livre  « Comprendre et rénover sa maison », celle-ci préviendra d'éventuels problèmes tels que le gel du sol autour du bâtiment et du mur ainsi que l'augmentation du taux d'humidité dans les extrémités des solives. Dans le cas où le propriétaire veut imperméabiliser son mur de fondation et drainer les eaux de pluie par l'extérieur, il peut en profiter pour isoler par l'extérieur jusqu'à environ 4 pouces, 10cm. sous le niveau du sol fini pour ne pas compromettre le caractère du bâtiment.

Cependant, ce type d'intervention est plus coûteux à court terme, ce qui pourrait vous pousser à envisager de procéder de l'intérieur. L'isolation d'un mur intérieur à surface imparfaite peut se faire au polyuréthane (PU) giclé car celui-ci permet de couvrir efficacement les imperfections du mur. Certaines précisions et contre-indications doivent être apportées à cette option.

Le premier facteur à examiner selon Marie-France Belisle, directrice des ventes du produit WALLTITE ECO et directrice du programme d'assurance qualité Canada chez BASF, est de savoir si vos fondations en pierre sont munies de membrane imperméabilisante à l'extérieur. Si c'est le cas, il est déconseillé, toujours selon Mme Belisle, d'appliquer le PU giclé car il risquerait d'enfermer l'humidité dans le mur. La directrice stipule que s'il n'y a pas de pare-vapeur à l'extérieur du mur, la perméabilité à l'humidité du mur sera maintenue, après la pose du PU giclé à l'intérieur.

Deuxièmement, observez le degré d'infiltration d'eau dans votre sous-sol, surtout en période de dégel, ainsi que l'importance des fissures dans la fondation. Mme Belisle déconseille l'application du PU giclé si les dommages au mur et l'infiltration sont importants. Par contre, si vous tenez à procéder à des rénovations de l'intérieur, elle suggère qu'il est possible d'apposer d'abord un pare-vapeur sur le mur puis le recouvrir de PU, en s'assurant au préalable auprès du manufacturier si les produits utilisés sont compatibles. D'autre part, dans son livre « Comprendre et rénover sa maison » Jules Auger considère que s'il y a présence d'infiltration, que le sol autour du bâtiment est mal drainé ou que le bas du mur n'est pas assez profond pour le protéger du gel, il n'est pas envisageable de sceller ses murs avec un isolant mousse giclé. Il suggère plutôt de remplir les joints, préalablement vidés à une profondeur d'environ deux pouces, avec un mortier à base de ciment et de chaux.

Si les fissures sont minimes ou l'infiltration absente, les spécialistes de Demilec et de BASF vous encouragent de gicler directement sur les pierres et le mortier de votre sous-sol, car le PU adhère très bien à ces matériaux lorsqu'ils sont propres et secs, éliminant ainsi toute possibilité de création d'un jeu d'air entre le mur et l'isolant. D'autre part, vous devrez probablement poser une membrane hydrofuge ou une barrière thermique par dessus le PU selon les normes applicables. Finalement, les deux spécialistes de Demilec et BASF affirment que non seulement le PU ne désagrégera pas la pierre, mais il agira comme support structurel. De son côté, l'architecte Jules Auger spécifie que la mousse giclée ne devrait pas servir à isoler mais bien à rendre les murs étanche à l'air. Il suggère une mince couche ne dépassant pas deux pouces d'épaisseur.

Par ailleurs, en ce qui a trait à souffler le PU giclé entre solives de plancher, selon les spécialistes de chez Demilec et BASF, la pose d'un pare-vapeur serait superflu car le PU joue déjà le rôle d'imperméabilisant. M. Auger souligne qu'il ne faudrait idéalement pas isoler un sous-sol de ce type, et rappelle qu'il serait préférable de simplement sceller les poutres avec un scellant acrylique en cartouche. « Avec une fondation de pierre, comme avec une maison de pierre, il faut accepter de perdre un peu de chaleur plutôt que de créer des problèmes irréversibles à la structure du bâtiment. » fait-il remarquer.

  • SUGGESTION LA RUCHE: Si vous décidez d'isoler votre mur au PU giclé, il est conseillé de procéder de façon complète, c'est-à-dire d'éviter d'y aller par section car cela pourrait occasionner une concentration d'humidité en un endroit qui ne pourra probablement pas le supporter. Sachez également que la mousse de PU à cellules fermées, dont il est question dans cette question/réponse, a été identifié par la revue américaine EBN comme dégageant des agents de gonflement à fort impact sur les changements climatiques. Ces impacts pourraient être réduits par exemple par l'application du minimum requis de PU à cellules fermées, pour ensuite compléter l'isolation par une couche de PU à cellules ouvertes, ce dernier présentant un bilan environnemental moins lourd. 

Pour conclure, n'oubliez pas que chaque situation est différente. Les informations fournies ci-haut sont à titre indicatif car ces manipulations diffèrent de cas en cas. Il est donc primordial de faire valider tout aspect avec des experts avant d'entreprendre vos travaux.

Bons travaux!

 

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